LA PEUR DANS LA PEAU: L'HÉRITAGE DE BOURNEDans l'ombre de Jason BourneKevin Williamson 10-08-2012 | 04h14
Si seulement on pouvait tous oublier avec autant de facilité que Jason Bourne. Si tel était le cas, La peur dans la peau: L'héritage de Bourne — le quatrième et inutile volet de la franchise d'espionnage- aurait pu être pardonné pour sa multitude de défauts: un premier acte lent, alambiqué, des séquences d’action n’atteignant jamais le climax et un antihéros qui, même s’il n’a jamais eu la mémoire effacée, est encore plus vide que le personnage qui prête son nom au film. Si on l’isole du reste de la saga, ce quasi-dérivé est un thriller d’action passable. Mais si on l’intègre à l’ensemble — et en considérant les segments de La vengeance dans la peau de 2007 intégrés, le film cherche ironiquement sa propre identité. L’ombre de Jason Bourne y est bien trop présente. D’un point de vue thématique, cette suite exploite un terrain bien familier, à savoir des agents de la CIA, qui passent apparemment plus de temps à chasser leurs brebis égarées que d’enrayer le terrorisme ou autre menace géopolitique. Bien sûr, il y avait Jason Bourne (Matt Damon) — un cas amnésique désespéré, qui a rempli une pléthore de missions pour les services de renseignements autour du globe dans La mémoire dans la peau en 2002, La mort dans la peau en 2004 et La vengeance dans la peau en 2007. Et maintenant nous avons Aaron Cross (Jeremy Renner), un autre super agent secret, traqué par ses supérieurs fourbes et bien vêtus — dont Eric Byer, le personnage à sang froid incarné par Edward Norton — à travers les échos chaotiques générés par Jason Bourne.
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Et c’est d’ailleurs en partie la raison pour laquelle Aaron Cross, malgré les talents de Jeremy Renner, ne sera jamais aussi intrigant que Jason Bourne, l’homme-mystère qui, amnésique, mutile et tue de manière systématique. Une autre raison qui fait d’Aaron Cross un piètre remplaçant? L’importance accordée aux scènes de conciliabules sans fin dans des chambres sombres est telle, que lorsque l’action prend place, elle semble plus superficielle qu’organique.
À titre de réalisateur de films d’action, Tony Gilroy, qui a élaboré les brouillons des films précédents, est un excellent scénariste. La peur dans la peau: L'héritage de Bourne se termine en queue de poisson et ouvre la porte à de futurs investissements. Espérons que le studio et les producteurs, comme leur héros originel, reconnaîtront qu’il y a un temps propice pour disparaître.
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