TOTAL RECALL : MÉMOIRES PROGRAMMÉESTrop d'action pour trop peu de scénarioIsabelle Hontebeyrie 03-08-2012 | 04h22
Total Recall : mémoires programmées, qui met en vedette Colin Farrell, Jessica Biel et Kate Beckinsale, possède malheureusement les défauts de ses qualités : beaucoup trop d’action pour un scénario bien maigrichon. Oui, j’aime la science-fiction. Oui, j’aime le premier Total Recall , celui avec Arnold Schwarzenegger et Sharon Stone. Non, afin d’éviter toute comparaison, j’ai soigneusement évité de revoir l’original ou même de lire la nouvelle de Philippe K. Dick, dont les deux longs métrages sont tirés. Et le mot «tiré» est, ici, parfaitement approprié tant les rafales d’armes automatiques n’arrêtent pas. Ce Total Recall : mémoires programmées remixé par Len Wiseman (qui reprend ici bien joliment son souffle entre deux Underworld minables) commence sous un feu roulant d’action et se termine de la même manière. Ne vous y trompez pas, le film n’est pas un remake de celui de 1990. Ici, Douglas Quaid (Colin Farrell), alias Hauser, est marié à Lori (Kate Beckinsale) et est ouvrier dans une usine d’assemblage de robots militaires. Sujet à des cauchemars dans lesquels il se voit fuir d’innombrables ennemis avec la belle Melina (Jessica Biel), il a la tentation d’aller chez Rekall, une compagnie qui promet l’implantation de faux souvenirs, encore meilleurs que les vrais.
À CONSULTER:
Mais la tentative de Rekall (apparition rapide de John Cho) se solde par un échec monumental : le cerveau de Quaid a déjà été trituré. Arrivent alors les soldats de l’armée de Cohaagen (Bryan Cranston), commandés par Lori. D’une poursuite à l’autre (et certaines, comme celle en ascenseur, sont très impressionnantes), Quaid retrouvera Melina, apprendra qui il est et choisira son allégeance entre la résistance et Cohaagen. Pas de voyage sur Mars donc, pas de mutants (mais oui, on voit bien la femme à trois seins) et pas de planète asphyxiée et, surtout, pas de jeu entre la réalité et le rêve : le tout empêche les questions et les doutes qui planaient dans le premier long métrage. Le budget officieux de 200 millions $ se voit dans chaque plan, dans chaque séquence et dans chaque détail. Hyper léché, ce Total Recall : mémoires programmées n’est pas sans rappeler Blade Runner, Les robots et autres Terminator ..., y compris Battlestar Galactica dans le bruit que font les robots en marchant. Les clins d’œil sont légion : billets de banque avec le visage de Barack Obama, le roman de Ian Fleming (L’espion qui m’aimait ) que lit Quaid à bord de la navette, la grosse femme en laquelle Arnold Schwarzenegger se déguisait, etc. Bref, ça n’arrête pas et j’ai bien aimé. Mais passé toute cette poudre aux yeux, il ne reste pas grand-chose. Vouloir être méchante, je vous dirais qu’un film avec des acteurs qui ne brillent pas par leurs qualités professionnelles (difficile de dire, jusqu’à présent, que Colin Farrell, Jessica Biel ou Kate Beckinsale méritent un Oscar pour l’un de leurs rôles) ne peut rien avoir d’exceptionnel. Si vous cherchez un bon divertissement avec grosse portion de maïs éclaté et sans effort de réflexion, vous serez parfaitement servi. Total Recall : mémoires programmées n’a donc rien d’un grand film, mais, au moins, il fait le travail.
|