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Photo courtoisie |
Le cochon de Gaza |
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LE COCHON DE GAZA
Une sympathique histoire de paix
Isabelle Hontebeyrie
06-07-2012 | 04h08
Première œuvre de Sylvain Estibal, journaliste à l’AFP, Le cochon de Gaza est une sympathique histoire de paix et d’amour entre les peuples. L’idée de départ est excellente : Jafaar (Sasson Gabai), un pêcheur palestinien, remonte un cochon — noir donc vietnamien de surcroît — dans ses filets! Entre la Palestine et Israël, ce ne sont pas les consommateurs de viande de porc qui se bousculent au portillon. Que faire donc, de l’animal?
Jafaar a alors une illumination. Afin de se faire quelques deniers, il va essayer de vendre le cochon en question et commence donc à passer en revue des acheteurs potentiels. Il débute avec un médecin allemand afin de poursuivre avec Yelena (Myriam Tekaïa), une éleveuse juive de cochons à la recherche de mâle pour accoupler ses truies.
Entre ses tentatives de vente, on a droit à un examen des conditions de vie à Gaza ainsi qu’à des réflexions sur le conflit qui oppose Palestiniens et Israéliens.
C’est peut-être là que Le cochon de Gaza se gâte un peu; quand Sylvain Estibal veut délaisser un peu la comédie absurde pour le discours plus engagé. Plutôt que de nous faire saisir toute l’horreur de la situation avec de l’humour fin, il tombe dans le gros (Jafaar en traître) ou dans le gras (les déboires avec le sperme du cochon en question).
Côté visuel, le film bénéficie de la superbe lumière de l’île de Malte, où Le cochon de Gaza a été tourné. De plus, le réalisateur — récompensé du César de la Meilleure première œuvre — possède un œil très sûr, ce qui sert particulièrement bien tout le côté de gestuelle comique de l’acteur Sasson Gabai.
Contrairement à certains collègues, j’ai bien aimé la fin, même si elle verse dans la fable sirupeuse et le message d’espoir un peu irréaliste, mais c’est cohérent avec ce côté irréel et poétique imposé dès le début du long métrage.
Le cochon de Gaza ne fera pas date dans l’histoire du cinéma et n’explosera pas au box-office. Par contre, c’est une attendrissante comédie, pleine de cœur, sur un sujet grave pour en rire plutôt qu’en pleurer.