MAGIC MIKESans queue ni têteIsabelle Hontebeyrie 29-06-2012 | 04h44
Malgré la présence de Channing Tatum, Alex Pettyfer et Matthew McConnaughey devant la caméra ainsi que celle de Steven Soderbergh à la réalisation, Magic Mike est l'un des navets de l'année. En voyant Magic Mike, j'avais la ferme intention de m'amuser, un peu comme si je me payais une soirée au Club 281. Une demi-heure après le début de la projection, je me suis demandé si le film avait un but. Une autre demi-heure plus tard, on doute que Steven Soderbergh soit le réalisateur de cette histoire sans queue (le jeu de mots est voulu) ni tête. Et une trentaine de minutes plus tard, rien ne pouvait sauver la sauce, le tout est un véritable gâchis. L'idée de départ est séduisante – la vie d'un danseur nu – et a de quoi émoustiller les filles, jeunes ou vieilles. La distribution fait saliver : Channing Tatum (musclé depuis G.I. Joe), Alex Pettyfer (beau garçon vu dans Numéro 4), Matthew McConaughey (ahhh!), Joe Manganiello (le superbe et très musclé loup-garou de True Blood). Le réalisateur, Steven Soderbergh (Haywire, Traffic ou Erin Brockovich ) n'est quand même pas n'importe qui, et sans espérer un long métrage de qualité « Oscars », on ne s'attend quand même pas à un film aussi insipide. À CONSULTER:
Pourtant, c'est ce qui se produit. Sous couvert de suivre le Magic Mike (Channing Tatum) du titre, un trentenaire qui a d'autres ambitions que d'être l'attraction principale dans un bar de danseurs nus dirigé par Dallas (Matthew McConaughey), on a droit à des sous-intrigues qui partent dans tous les sens et qui ne servent à rien. Comme ce petit jeune (Alex Pettyfer) qui tente sa chance sur scène et tombe dans la drogue, ou sa grande sœur (Cody Horn) qui se fait du souci pour lui et dont Mike tombe amoureux, ou encore le Dallas en question qui veut déménager le club à Miami pour en augmenter le succès. Le tout est, de plus, mal filmé. Passé deux ou trois numéros – celui du 4 juillet est de loin le meilleur, mais ne dure que quelques minutes – les stripteases (composés de déhanchements et autres mouvements virils) se font tellement répétitifs qu'ils laissent de glace. Et que dire de cette image, marquée au fer rouge dans mon cerveau, du scrotum de Matthew McConaughey, couvert d'un G-String? Je m'en serais passée. Aucun humour ne vient agrémenter ce scénario abominable dont les répliques donnent l'impression d'avoir été inventées au fur et à mesure. Steven Soderbergh (qui possède pourtant une signature visuelle présente dans toutes ses œuvres) semble absent, comme s'il s'ennuyait profondément lui aussi. Son seul mérite? Nous énerver par l'utilisation d'un filtre qui donne aux couleurs des extérieurs un petit aspect années 1950 genre «Instagram». Je vous passe le montage abominable, certaines scènes ayant étant coupées alors que l'acteur n'a visiblement pas terminé ce qu'il avait à dire. Mais le supplice ne s'arrête pas là. Voir Magic Mike, c'est comme boire de l'huile de foie de morue : on fait encore «beurk» plusieurs heures après une seule gorgée. Un point de consolation. Au moins, on a évité le pire : le film n'est pas présenté en 3D! |