ABRAHAM LINCOLN : CHASSEUR DE VAMPIRESUne fantaisie historiqueIsabelle Hontebeyrie 22-06-2012 | 04h34
Rien n'est sérieux dans ce film d'aventures, une réécriture de la vie du 16e président des États-Unis produite par Tim Burton. Abraham Lincoln : chasseur de vampires propose un portrait fantaisiste du président américain, celui imaginé par Seth Grahame-Smith, auteur du roman et du scénario du long métrage dont il est l'adaptation. Lincoln (Benjamin Walker) se révèle être un tueur de vampires, animé d'un désir de vengeance depuis que sa mère a été tuée par l'une de ces créatures. Mais au-delà de cette prémisse surprenante — et traitée de manière intéressante —, le réalisateur Timur Bekmambetov (les excellents Night Watch et Day Watch ainsi que le médiocre Recherché) et le producteur Tim Burton livrent un film d'action et d'aventures fantastiques qui ne prétend pas être autre chose qu'un divertissement pur et simple. Vous entendrez certainement dire beaucoup de mal de Abraham Lincoln : chasseur de vampires, certains qualifiant le long métrage de ridicule et d'incroyable. S'il n'apporte rien au 7e Art, le facteur «amusement» de même que la qualité des scènes d'action sont loin d'être négligeables... tant qu'on adhère à la proposition de base et qu'on plonge dans cette histoire parallèle, qu'on n'apprend pas à l'école. À CONSULTER:
J'ai notamment apprécié la manière dont Seth Grahame-Smith mélange les éléments historiques à son délire vampirique. Dans ce monde, la guerre de Sécession a été une lutte entre humains et créatures de la nuit, ce qui donne un double sens au discours de Licoln. J'ai aussi souri aux nombreux clins d'œil qui émaillent le scénario, celui de la fin (Lincoln se fait proposer l'immortalité le soir même de son assassinat) étant le meilleur. Les scènes d'action et les cascades portent la signature indubitable de Timur Bekmambetov. Mais alors que le manque de réalisme de celles de Recherché m'avait gênée, celui de Abraham Lincoln : chasseur de vampires ne fait qu'ajouter au côté surnaturel du long métrage. Les combats sont mémorables, Benjamin Walker maniant la hache comme un samouraï son épée, ce qui donne lieu à des prouesses impressionnantes; les meilleures scènes étant celles qui opposent Lincoln (Benjamin Walker ressemble de plus en plus à Liam Neeson, il l'avait d'ailleurs incarné jeune dans Kinsey) à Henry Sturgess (Dominic Cooper, revu avec grand plaisir). Puisque je viens de lancer des fleurs, il ne faut pas que j'oublie le pot, Abraham Lincoln : chasseur de vampires a aussi des faiblesses. La plus évidente est le 3D bâclé, qui ne fait que souligner encore plus le maquillage — complètement raté — utilisé pour vieillir les personnages. De plus, certaines poétiques ou symboliques ratent leur cible, le cinéaste ayant toujours ce défaut de l'hyperbole tellement énorme que cela en devient risible. Alors, voir Abraham Lincoln : chasseur de vampires? Oui, mais pas en 3D et si vos moyens ne vous permettent pas d'aller au cinéma même le mardi, louez-le au moment de sa sortie en Blu-ray, vous ne le regretterez pas. |