Accueil Divertissement
 
 
Agence QMI
Marley - Dans la peau de l'icône du reggae
© Agence QMI
Marley
Cote de Canoë
4/5

MARLEY

Dans la peau de l'icône du reggae

Jim Slotek
18-05-2012 | 04h00

On pourrait appeler ça l'intégrale de Bob Marley. Dans le documentaire Marley, le réalisateur Kevin Macdonald se sert des 144 minutes de son film pour entasser des faits incontournables.

Parmi ceux-ci, il y a Judge Not, le premier simple enregistré par l'icône du reggae à 16 ans, et les «réinterprétations» des premiers jours des Wailers de tubes américains comme Teenager In Love, et même des minutes occultes : les Wailers jouaient à des «duppies», des esprits malveillants, dans des cimetières, pour surmonter leur peur de jouer sur scène.

Mais plus important, encore, Macdonald emploie l'océan d'archives et de témoignages disponibles pour tisser des liens entre les gens, les endroits et les courants, pour expliquer ce phénomène culturel, l'emblème d'une génération.

Marley est tout le contraire de ces documentaires frustrants où l'on s'est contenté de pointer et de filmer, laissant au spectateur le soin de se faire une idée. C'est le travail d'un homme avec des opinions, formées après un questionnement et une recherche en profondeur.

À CONSULTER:

Le jeune Marley vit d'abord dans un village pauvre à l'extérieur de Kingston, en Jamaïque. L'indigence des gens tranche sur un paysage à couper le souffle. Marley est méprisé par plusieurs en raison de sa bâtardise et de sang mélangé (son père était un soldat britannique). Il déménage ensuite avec sa mère à Kingston, pour vivre une vie de garçon nu-pieds à Trench Town. Il découvre le courant rasta et se lie d'amitié avec Bunny Livingston et Peter Tosh, deux proches qui vont changer le cours de sa destinée.

Le film est riche en entrevues, notamment avec le reclus, mais divertissant Bunny, et avec Rita, l'épouse souffrante de Bob. Nous voyons Marley à travers ses expériences de marginal et sa quête d'un monde en harmonie.

Sa vie défile devant nos yeux. Son emploi dans une usine au Delaware, le succès, les ruptures avec les autres Wailers, les femmes (dont la Miss Monde jamaïcaine de 1976, Cindy Breakspeare, et la fille du dictateur du Gabon), des cas de paternité, son soutien involontaire du Premier ministre jamaïcain blanc Michael Manley, qui a mené à l'attentat contre lui, sa mort à 36 ans et son héritage.

Il est difficile d'imaginer même un amateur de Marley si expert qu'il n'apprendrait rien de neuf sur le personnage et son impact. Pour tous les autres plus ou moins renseignés, c'est l'équivalent d'une merveilleuse et vibrante leçon sur l'homme et son œuvre.