LAURENCE ANYWAYSQuête identitaireVéronique Harvey 18-05-2012 | 09h18
Dans ce troisième long métrage du jeune prodige québécois s'entrecroisent une histoire d'amour romanesque et une étrange quête identitaire. Laurence aurait pu changer de pays, d'emploi ou encore de religion, mais dans ce tout nouveau film signé Xavier Dolan, Laurence Anyways, le personnage principal choisit de changer de sexe. Depuis sa tendre enfance, Laurence (Melvil Poupaud) est convaincu que la nature a fait une énorme erreur en le plaçant dans un corps d'homme alors qu'il s'est toujours senti comme une femme. Dans un élan d'émancipation et avec l'espoir de retrouver la paix intérieure, il décidera donc, le jour de ses 35 ans, de confronter la réalité et de faire le grand saut. Mais il devra du coup convaincre Fred (Suzanne Clément), l'amour de sa vie, de le suivre dans ce cheminement pour le moins atypique. On assiste donc au plus grand défi qu'un couple peut avoir à surmonter. Campé au beau milieu des années 90, ce film-fleuve qui se déroule sur une période de 10 ans possède une facture visuelle impressionnante et tout aussi léchée que les deux films précédents de Dolan (J'ai tué ma mère et Les Amours imaginaires). Cette minutie dans l'imagerie constitue d'ailleurs la marque de commerce du jeune cinéaste de 23 ans. La trame sonore est judicieuse (on note au passage l'insertion de la pièce C'est zéro de Julie Masse) et les couleurs sont tout à fait sublimes. Définitivement, Dolan gagne en maturité avec les années. À CONSULTER:
Côté distribution, le cinéaste n'aurait pu faire de meilleurs choix : Suzanne Clément est tout simplement… parfaite, Melvil Poupaud est crédible, posé et attachant, Monia Chokri est encore une fois surprenante, tandis que Denise Filiatrault, Magalie Lépine-Blondeau et Nathalie Baye ont chacune leur moment de gloire. Laurence Anyways sera présenté ce vendredi au Festival de Cannes, et Xavier Dolan a de quoi être fier, car il signe ici une œuvre émouvante, mais surtout unique. |