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Edwin Boyd - Dans l'ombre de Clyde Barrow…
© Courtoisie
Edwin Boyd
Cote de Canoë
2.5/5

EDWIN BOYD

Dans l'ombre de Clyde Barrow…

Isabelle Hontebeyrie
11-05-2012 | 04h41

Edwin Boyd est un film bien étrange, un mauvais mélange d'art et d'histoire. Si vous ne connaissez pas Edwin Boyd, sachez que ce braqueur de banques canadien a connu son heure de gloire après la Seconde Guerre mondiale.

Ce vétéran, ancien chauffeur d'autobus, s'est recyclé dans une carrière criminelle, n'en pouvant plus de vivoter sur un salaire de misère et n'arrivant pas à percer en tant qu'acteur. Il se maquille, prend un vieux pistolet et va alors commettre une série de vols qui feront de lui l'ennemi numéro 1 de Toronto et du Canada (oui, les faits sont véridiques).

Écrit et réalisé par Nathan Morlando, Edwin Boyd met Scott Speedman en vedette. On ne peut que louer cette décision, l'acteur donnant à son personnage un désespoir et un mordant impressionnants. Même principe pour le reste de la distribution. Kelly Reilly (Doreen Boyd, la femme d'Edwin) a des petits airs de Jessica Chastain, Kevin Durand est parfait en Lenny Jackson, comparse de Boyd après son séjour en prison et William Mapother est un flic fort convaincant. On note aussi la présence de Brian Cox en père d'Ewin, un ancien flic moralisateur, ainsi que les clins d'œil à Lorne Greene.

À CONSULTER:

Par contre, le cinéaste souffre du défaut de vouloir «faire de l'art» qui gâche irrémédiablement le plaisir pris à suivre l'action.

L'utilisation de filtres bleutés — qui donne aux images une froideur certes nostalgique, mais malvenue, car elle empêche tout attachement à cet antihéros — finit par tomber sur le cœur, tout comme plusieurs scènes hyper léchées qui sentent l'effort conscient.

Rien à dire, par contre, du propos sous-jacent («In war, there are no unwounded soldiers» qu'on peut traduire par : «Dans une guerre, aucun soldat n'est jamais indemne») ou de la description d'une époque où les gangsters n'avaient pas à se préoccuper de criminalistique (empreintes, fichiers informatisés ou ADN).

Edwin Boyd est une espèce de Clyde Barrow, un Robin des bois qui vole avec l'humour cynique d'un Arsène Lupin et la grâce maladroite d'un Joker. Mais au final, le long métrage tire des bâillements plutôt que des applaudissements.