DÉRAPAGESUn mal nécessaireVéronique Harvey 27-04-2012 | 04h37
MONTRÉAL – Alors que la plupart les pointent du doigt, Paul Arcand, dans son documentaire Dérapages, tente plutôt de comprendre ces jeunes qui risquent chaque jour leur vie derrière le volant. Initialement, les voitures ont été conçues pour leur côté pratique, dans le but de se déplacer efficacement du point A au point B. Mais avec le temps, elles sont devenues de plus en plus belles, de plus en plus puissantes, représentant aujourd'hui une arme fatale pour celui ou celle qui ne sait l'utiliser. Il est vrai que les nouveaux conducteurs sont surreprésentés dans le bilan des tragédies routières, alors que 725 jeunes âgés de 16 à 24 ans ont perdu la vie au cours des cinq dernières années, pour une moyenne de trois morts par semaine, mais que celui qui n'a jamais péché leur lance la première pierre… Même s'il s'est attaqué à la DPJ, dans son documentaire Les voleurs d'enfance et au système pharmaceutique dans Québec sous ordonnance, le «morning man» du FM 98,5 fait tout, sauf casser du sucre sur le dos des ados dans ce nouveau projet. Avec l'aide de sa précieuse collaboratrice, Denise Robert, Paul Arcand est allé à la rencontre des jeunes dans le but de comprendre leurs motivations profondes, et ce, sans jamais les juger, malgré quelques commentaires désolants comme «c'est toujours le moins chaud de la gang qui conduit à la fin de la soirée». À CONSULTER:
À travers les témoignages de victimes et de leurs proches (parfois un peu trop larmoyants, avouons-le), on découvre que ces jeunes ne peuvent porter à eux seuls tout le blâme et que les parents occupent une place importante dans ce dossier. Certains croient que la solution serait de repousser l'âge d'obtention du permis de conduire à 18 ans, d'autres croient que l'imposition d'un couvre-feu serait préférable, tandis que plusieurs prétendent que la limitation du nombre de passagers en fonction des années d'expérience du chauffeur devrait primer. Malheureusement, il n'existe aucune solution miracle, mais Denise Robert et Paul Arcand s'entendent pour dire que l'accès graduel à la voiture, contrôlé par les parents, demeure la meilleure solution. Frappant!Impossible de rester de glace devant ce docu-choc où l'on découvre la triste histoire de la petite Bianca, 3 ans, fauchée sur le terrain de sa gardienne alors qu'elles installaient des décorations d'Halloween; de ces quatre jeunes de Drummondville qui sont décédés après que la voiture à bord de laquelle ils prenaient place eut percuté un arbre de plein fouet; ou encore celle de Mikaël, qui est confiné à un fauteuil roulant pour le restant de ses jours après avoir subi deux traumatismes crâniens frontaux, causés par des accidents de voiture. Espérons que ce documentaire, qui devrait d'ailleurs être obligatoire dans toutes les écoles secondaires de la Belle Province selon moi, soit reçu plus positivement que la campagne publicitaire de 47 millions $ que la Société de l'assurance automobile du Québec diffuse depuis 10 ans et qui ne semble pas porter fruit. En terminant, si ce film réussit à sauver ne serait-ce qu'une seule vie, c'est qu'il aura gagné son pari. |
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