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Keyhole - Pas pour tous
© Courtoisie
Keyhole
Cote de Canoë
3.5/5

KEYHOLE

Pas pour tous

Isabelle Hontebeyrie
13-04-2012 | 04h24

Le réalisateur Guy Maddin signe avec Keyhole une œuvre qui n'est pas sans rappeler certains films de la belle époque surréaliste.

Keyhole, c'est l'histoire d'une maison. C'est aussi l'histoire d'un père et de son fils (Jason Patric), de la femme de ce dernier (Isabella Rossellini) qui attend dans la chambre. Ce sont aussi des gangsters, une fille à moitié nue, des chaînes, des fantômes, du sexe (fouet inclus)... Tenter de résumer ou d'interpréter Keyhole n'est pas un exercice facile.

Certes, l'Ulysses (Ulysse en français) incarné par Jason Patric ne porte pas son prénom par hasard. Comme le héros de la mythologie grecque, il effectue un parcours — qu'on qualifiera d'initiatique à défaut d'autre mot — à travers les différentes pièces de la maison en question pour retrouver sa femme.

Hors ce point de repère plutôt ténu, on n'a pas grand-chose de familier à quoi se raccrocher dans Keyhole.

Oui, il y a bien des gangsters et des coups de feu. Oui, il y a aussi des fantômes (bien qu'on ne soit pas vraiment sûr que tout ce beau monde soit mort). Le tout est en noir et blanc, et possède aussi des accents de film noir des années 30... avec une immense lampée de LSD.

À CONSULTER:

Keyhole n'est pas — comme les autres œuvres de Guy Maddin — pour le consommateur de superproductions hollywoodiennes. C'est une démarche artistique, onirique, dans laquelle passé et présent, morts et vivants, réalité et fiction, s'entremêlent pour donner un résultat hallucinogène.

Autant le dire, ce n'est pas mon genre de cinéma (Buñuel, non. Cocteau, si.) Mais j'ai été troublée par certaines images, les flashs de lumière, les plans de caméra sur Jason Patric qui habite littéralement l'écran.

Quant à savoir à quel genre de cinéphile le conseiller, j'avoue sincèrement que je n'en ai aucune idée!