Accueil Divertissement
 
 
Agence QMI
Les trois Stooges - Hommage inutile
© Photo courtoisie
Les trois Stooges
Cote de Canoë
2.5/5

LES TROIS STOOGES

Hommage inutile

Jim Slotek
13-04-2012 | 04h00
À moins qu’ils ne découvrent, un jour, une cure au cancer, les frères Farrelly ont probablement rendu leur service le plus précieux à l’humanité, lors du troisième acte de leur film Les trois Stooges.

En l’occurrence, lorsque Moe (Chris Diamantopoulos) se fait embaucher à l’émission de téléréalité The Jersey Shore et soumet la distribution entière, incluant Snooki et The Situation, à des séances à répétition de claques dans la figure, de coups de tête et de tirage des poils du nez. Douce vengeance.

Nous sommes certainement plusieurs à pouvoir regarder cette partie en boucle pendant 90 minutes et trouver l'expérience plus divertissante que le film au complet.
Malheureusement, c’est le seul moment où la force entropique et anachronique que représentent les frères Moe, Larry et Curly s’unit avec bonheur au 21e siècle dans cet hommage bâclé et, disons-le, inutile.

Nous ne critiquons nullement la performance de Diamantopoulos, de Sean Hayes (Larry) ou de Will Sasso (Curly), dont la chorégraphie humoristique est sans reproche. Qu’il s’agisse des coups de tête, des craquements de jointures, du tirage de langue ou de la scie à chaîne qui fait des étincelles sur la crâne de Curly, tout est au point et il clair que le trio a parfaitement étudié l’art des maîtres, au point que l’expérience se compare aisément au spectacle d’un excellent groupe d'hommage musical. Sasso, en particulier, syntonise si parfaitement l’essence de Curly qu’il pourrait bien envoyer au chômage Joe Besser et Curly Joe DeRita.
À CONSULTER:


Par contre, outre une vengeance follement anarchique à l’endroit des religieuses de l’orphelinat où les Stooges ont grandi (Larry David encaisse le gros de l’abus, sous les traits de sœur Mary-Mengele), les cadres où évoluent les gars ne sont jamais assez loufoques pour soutenir leur énergie.

Les réalisateurs Bobby et Peter Farrelly semblent habités d’un désir sincère d’honorer leurs influences humoristiques, à un point tel qu’ils ont même divisé leur film en trois «courts-métrages» des Stooges. Mais leur débit et leur rythme demeurent fermement ancrés dans le présent. Et mis à part le scénario secondaire impliquant Jersey Shore, la plupart des protagonistes et des situations «modernes» sonnent creux.

Le principal boulet du film, toutefois, est l’histoire putative. Les gars arrivent dans la grande ville à la recherche d’un peu plus de 800 000$, la somme nécessaire pour sauver leur orphelinat. Ils rencontrent Lydia (Sofia Vergara), la femme infidèle de Teddy. Celle-ci cherche à les convaincre d'assassiner le mari pour toucher sa fortune.

Il n’y a là guère plus qu’un tremplin lourdaud pour justifier une poignée de scènes comiques, dont une séquence furieuse dans un hôpital, où des gens recouverts de plâtre sont victimes de violence.

Cette dernière est du Stooge tout craché, mais une autre scène où Moe, Larry et Curly organisent une «bataille de pipi» avec des bébés dans une garderie, est du pur Farrelly. L’humour scato n’a jamais été une marque de commerce des «Three Stooges», mais ce ne serait pas un film des Farrelly si, à un moment ou à un autre du film, quelqu’un ne mettait pas le feu à un de ses pets.

Les trois Stooges est à son plus drôle dans le premier «court-métrage», avec des Stooges bébés, enfants et finalement, en héros adultes niais, dont les mimiques sont reproduites avec justesse par MM. Diamantopoulos, Hayes et Sasso. Seulement, des actes de violence aléatoires, même parfaitement synchronisés, ne peuvent soutenir bien longtemps une idée faible au départ.