FOOTNOTEPère et fils, une tendre rivalitéIsabelle Hontebeyrie 30-03-2012 | 04h35
Footnote de Joseph Cedar était le film qui représentait Israël aux Oscars. Ce concurrent de Monsieur Lazhar est un petit bijou d'humour et de drame. Que se passe-t-il quand, par erreur, le père reçoit les honneurs destinés au fils, sans chercher à rectifier la situation? C'est ce qu'explore le réalisateur Joseph Cedar dans Footnote (le mot signifie note en bas de page). Uriel Shkolnik (Lior Ashkenazi), le fils, est, comme son père Eliezer (Shlomo Bar Aba), professeur et chercheur en études talmudiques. Les deux hommes sont des sommités dans leur domaine. Or, alors que les travaux du fils ont été honorés, ceux du père sont demeurés dans l'ombre, sa seule reconnaissance - qui fait sa fierté - en 30 ans de travail est que ses recherches ont été citées en bas de page (d'où le titre Footnote). Arrive le jour où le fils doit recevoir le prix Israël... mais une erreur fait en sorte que la remise de la distinction est annoncée au père. Et Joseph Cedar, qui a remporté le prix du scénario au Festival de Cannes de 2011, s'amuse à loisir avec cette compétition qui divise Uriel et Eliezer. Une scène, en particulier, illustre la manière dont le réalisateur et scénariste joue sur la fine ligne qui sépare le tragique et le comique. Alors que sa caméra est fixée sur le père, on entend, en voix hors champ, une liste impressionnante de distinctions reçues. Mais on découvre qu'il s'agit, en fait, de celles du fils. À CONSULTER:
Cedar aime à raconter - en disant qu'il embellit l'histoire à chaque fois - que l'idée du scénario lui est venue quand le gouvernement de son pays lui a remis un prix. Il s'est alors demandé s'il n'y avait pas erreur sur la personne, si le prix en question n'était pas plutôt destiné à son père, déjà récipiendaire du prix Israël pour ses travaux de recherche. La rivalité entre les deux hommes est tissée de main de maître. Le père est jaloux des succès du fils, qui, en retour, lui reproche son attitude arriviste. Bien sûr il éprouve de la tendresse pour son géniteur, mais aussi une sorte de pitié. «Ne vous y trompez pas, c'est une tragédie comme le sont généralement les relations entre un père et son fils», a dit récemment Joseph Cedar, lors d'un Symposium en marge des Oscars en février dernier. «Mais j'aime que Footnote puisse être vu comme une comédie, cela permet au public d'être suffisamment détendu pour rire et pour lui éviter de prendre les choses trop au sérieux.» Les amateurs de 7e Art ne s'y tromperont pas. Avec Footnote, nous sommes en présence d'un long métrage de qualité qu'il faut voir et revoir. |
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