W.E.Moins pire que ce qu'on pourrait penserIsabelle Hontebeyrie 17-02-2012 | 04h14
MONTRÉAL – Si Madonna a un défaut, c'est bien celui de ne pas être capable d'écrire de scénario qui se tienne. Pour le reste, W.E. possède une esthétique intéressante et des acteurs convaincants. Madonna est la reine de la controverse. Il suffit qu'elle fasse quelque chose pour immédiatement polariser l'opinion publique : les uns adorent, tandis que les autres détestent. Au final, personne ne reste indifférent. Avec W.E., la vedette de la chanson signe son deuxième long métrage de fiction, dont elle a, comme pour Filth and Wisdom écrit le scénario. W.E., ce sont les initiales des prénoms de Wallis Simpson (Andrea Riseborough) et d'Édouard VIII (James D'Arcy), amoureux légendaires qui défrayèrent la chronique quand le roi d'Angleterre abdiqua, en 1936, pour épouser sa dulcinée. Mais ce sont aussi les initiales de Wally Winthrop (Abbie Cornish, lumineuse et parfaitement bien choisie pour ce rôle) et un gardien de sécurité, Evgeni (Oscar Isaac), qui se rencontrent lors de la vente aux enchères d'objets ayant appartenu au couple mythique. À CONSULTER:
Les deux histoires s'entremêlent, différents objets de la vente aux enchères servant à la fois de prétexte pour en apprendre plus sur Wallis Simpson et Édouard VIII et de moyen de découvrir le personnage de Wally. Les décors de Martin Childs (Shakespeare et Juliette) et la photographie de Hagen Bogdanski (Victoria : Les jeunes années d'une reine) sont impeccables. Les costumes d'Arianne Phillips – qui lui ont valu une nomination méritée aux Oscars – ont une esthétique très «Madonna» dans sa période «Express Yourself». On ne peut se défendre aussi, de trouver – et c'est le plus surprenant – une filiation entre W.E. et le remarquable Un homme au singulier, de Tom Ford. Cela vient certainement du fait qu'Arianne Philipps avait signé les costumes du long métrage avec Colin Firth et que Madonna a engagé Abel Korzeniowski, le même compositeur. Si la prémisse du scénario est intrigante – qu'est-ce que Wallis Simpson a sacrifié pour devenir la femme d'Édouard? – son développement est mal exploité. Madonna tombe trop rapidement dans l'aspect «féministe» superficiel du propos, faisant de Wally et Wallis des femmes battues, victimes des hommes qu'elles ont épousés. Autre défaut de taille : l'inclusion de vraies images d'archives du couple scandaleux, ce qui crée rapidement un décalage avec les acteurs chargés de les incarner. W.E. ne s'adresse pas aux admirateurs de la diva de la pop, mais il constitue une nette amélioration par rapport à Filth and Wisdom, ce qui nous laisse penser que si Madonna continue sur cette lancée, ses prochains films pourraient bien surprendre fort agréablement. |