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Le refuge - Intense et familier
© Courtoisie
Le refuge
Cote de Canoë
2.5/5

LE REFUGE

Intense et familier

Isabelle Hontebeyrie
10-02-2012 | 04h30

Denzel Washington et Ryan Reynolds font le coup de poing — et le coup de feu — dans Le refuge, thriller d'action signé Daniel Espinosa qui se déroule en Afrique du Sud.

Tobin Frost (Denzel Washington) est un ancien agent de la CIA qui, depuis 10 ans, travaille à son compte et se spécialise dans la vente de secrets d'État. Considéré comme un traître extrêmement dangereux, l'homme vient de réaliser un bien beau coup : il a mis la main sur une liste d'agents doubles des différentes organisations d'espionnage.

En parallèle, Matt Weston (Ryan Reynolds qui parvient à nous faire oublier que ses deux derniers rôles ont été dans Green Lantern et Lui c'est moi) est une jeune recrue, mandatée depuis un an à la surveillance de ce qu'on appelle une safe house, c'est-à-dire une planque qui sert à accueillir et à interroger (torturer en toute impunité) différents prisonniers.

Matt Weston ne rêve que d'une chose : être déplacé ailleurs et se retrouver au cœur de l'action, ce qui ne tarde pas à arriver quand Tobin Forst est amené. Car, depuis que ce dernier a la fameuse liste en sa possession, il est pourchassé par une horde de tueurs aussi sanguinaires que résolus. Il n'a d'autre choix que de se réfugier au consulat américain, en se disant qu'il arrivera bien à se tirer de ce mauvais pas.

Quand la planque est attaquée par les fameux tueurs, Matt Weston parvient (grâce à l'éternelle chance du débutant) à sauver la peau de Tobin Frost. Bien décidé à monter en grade au sein de la CIA, il doit alors s'assurer de livrer le traître au responsable d'une deuxième planque.

À CONSULTER:
Le reste est, comme on s'en doute, une série de courses-poursuites et de fusillades dans différents lieux d'Afrique du Sud, endroit qui assure un dépaysement bienvenu, l'action étant beaucoup trop prévisible, et les dialogues bien minimalistes (plusieurs répliques bien senties du personnage de Denzel Washington ajoutent une touche d'humour).

Quelques séquences bien rythmées — celle de l'échappée de Tobin Frost dans un stade est réussie — ponctuent les 113 minutes du film Le refuge, qui, à la fin, traîne un peu de la patte. Les moments de fusillades sont, passés les deux ou trois premiers, terriblement répétitifs et sombrent parfois dans l'incroyable (rater sa cible autant de fois constitue, pour des tueurs confirmés, une impossibilité).

Visuellement, on sent Daniel Espinosa particulièrement inspiré par Tony Scott (attention, Le refuge est meilleur que À fond de train et Pelham 123, deux longs métrages qui mettaient aussi en vedette Denzel Washington).

Couleurs saturées et coupes rapides contribuent à l'intérêt du long métrage. Le reste est, par trop, du déjà vu (sans jeu de mots avec le titre d'un autre film — excellent celui-là — de Tony Scott) qui laisse sur sa faim. Voir Le refuge au cinéma est une activité pour les inconditionnels du genre qui ne voudront pas attendre la sortie en DVD et en Blu-ray.