L'OR DES AUTRESLe bonheur des richesIsabelle Hontebeyrie 20-01-2012 | 04h07
Avec le documentaire L'or des autres, le réalisateur Simon Plouffe s'intéresse à la municipalité de Malartic en Abitibi, où une mine d'or à ciel ouvert est exploitée par la compagnie Osisko depuis 2011. Dans l'imaginaire nord-américain, les mots ruée vers l'or font généralement naître de glorieuses images couleur sépia de prospecteurs dans les Rockies en train de glaner des pépites dans des cours d'eau enneigés. Mais pas toujours. Au Québec, la ruée vers l'or version XXIe siècle et métal jaune à 1000 $ l'once se décline sous forme de mines à ciel ouvert, de centaines de camions et de déchets, de millions (dans le cas qui nous occupe, un million par jour) déversés par les compagnies minières pour creuser un trou béant. Le trou, celui d'Osisko à Malartic, est filmé par Simon Plouffe dans L'or des autres, documentaire primé au Montana CINE International Film Festival. 200 personnes relocalisées pour... 465 emplois pendant 10 ans. Une chimère capitaliste qui a convaincu la municipalité de donner sa bénédiction au projet. Autre argument convaincant parce qu'implacable : au Québec, les droits miniers l'emportent sur les droits des propriétaires des terrains. Se succèdent devant la caméra : Cécile Buscemi qui a maintenant besoin de décliner son identité aux employés d'Osisko pour aller promener son chien, Myriam Germain-Sylvain qui, à 15 ans, prend fait et cause pour la communauté ou encore Robert Rousson qui se désole de la destruction du patrimoine de Malartic. Si les conséquences écologiques ne sont que rapidement traitées dans L'or des autres, les humaines, elles, le sont. Il suffit de voir et d'entendre Ken Massé qui refuse de quitter la maison familiale. Las! Il perdra son combat et sera exproprié. L'or des autres n'est pas un pamphlet hargneux contre les minières, mais une observation juste et touchante de la réalité d'une communauté mise devant le fait accompli. «Ils nous tiennent en otage», de lancer Cécile Buscemi. Et s'il n'en tenait qu'à nous qu'Asbestos et que Malartic ne se reproduisent plus? |
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