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Piégée - Un peu mollasson
© Courtoisie
Piégée
Cote de Canoë
3/5

PIÉGÉE

Un peu mollasson

Isabelle Hontebeyrie
20-01-2012 | 04h43

Pas facile de s'agripper aux bras de son fauteuil lors du visionnement de Piégée, nouveau film du cinéaste Steven Soderbergh.

Steven Soderbergh le dit lui-même : «Depuis Che, mon intérêt et mon appétit pour des films sérieux a vraiment baissé.» Dans ces conditions, est-ce surprenant si Piégée, son 25e long métrage, manque un peu de tonus?

J'avais beaucoup aimé Contagion, au point de le revoir lors de sa sortie en Blu-ray. Cette vision de l'apocalypse selon Soderbergh m'avait intriguée par son réalisme et son suspense (qui va mourir, que va-t-il se passer, etc.)

Malheureusement, Piégée n'est pas aussi haletant que Contagion ni que Traffic. Même si on y retrouve la patte du réalisateur (son emploi du bleu et du jaune notamment), on a parfois l'impression que le scénario n'est là que pour enrober maladroitement des scènes d'action qui, elles, sont réussies quoi que répétitives.

L'héroïne principale, c'est Mallory (incarnée par la championne d'arts martiaux Gina Carano), agente employée par une compagnie privée qui obtient différents contrats pour mener des actions pas toujours très catholiques, mais toujours dangereuses.

À CONSULTER:

Elle est en fuite et c'est par une série de flash-back (incluant des flash-back dans des flash-back) racontés à un jeune homme, Scott (Michael Angarano), qu'on apprend son histoire.

Tout a commencé quand son employer (Ewan McGregor), de concert avec deux hommes mystérieux (Michael Douglas et Antonio Banderas) lui a obtenu un contrat à Barcelone, où elle doit libérer un otage. Elle y rencontre un agent (Channing Tatum) avec qui elle a une liaison rapide.

De fil en aiguille, elle est aussi envoyée à Dublin, où elle rencontre Paul (Michael Fassbender en mode séducteur dangereux) puis revient aux États-Unis pour se réfugier chez son père (Bill Paxton qui me manque depuis la fin de Big Love).

Je ne vous dévoile rien des intrigues ni des imbroglios divers et ce n'est pas de moi que vous apprendrez qui donc tente de supprimer Mallory et pour quelle raison. Par contre, sachez que cette charmante jeune femme est une tueuse et une bagarreuse redoutable, capable d'assommer un homme, de l'envoyer au tapis et, quand besoin est, de le tuer sans état d'âme.

C'est d'ailleurs la réussite de Piégée : les scènes d'action sont réalistes, très bien filmées et on finit par n'attendre plus que ça.

Quelques beaux plans de caméra (à la fin, notamment, quand Mallory arrive en moto), typiques de Soderbergh, émaillent cette production un peu molle à mon goût. Car, malgré une bande-annonce trépidante, cette Mallory n'a rien d'un Jason Bourne ou d'un Ethan Hunt. Elle est efficace et concentrée, pas énergique.

On reste donc sur sa faim, malgré la durée relativement courte du film (93 minutes). Dommage, on aurait aimé pouvoir se pâmer, mais le souvenir particulièrement vif de Mission Impossible : Protocole Fantôme n'est pas encore assez lointain.