EXTRÊMEMENT FORT ET INCROYABLEMENT PRÈSUne lettre d'amour à New YorkBruce Kirkland 20-01-2012 | 04h53
Avance rapide aux nominations des Oscars, Extrêmement fort et incroyablement près est assuré de figurer dans la liste des 10 candidats à la statuette du meilleur film. Le long métrage de Stephen Daldry est intelligent, raisonné, profond et stimulant. Il pourrait même obtenir un solide succès au box-office. S'il traite de la tragédie du 11 septembre à travers l'histoire intensément personnelle d'une famille, il transcende la brume qui plane au-dessus de la majorité des films sur le sujet. Si les membres de l'Académie sont prêts à prendre des risques, le jeune Thomas Horn sera nommé dans la catégorie du meilleur acteur. Cela reste du domaine du pari, car il n'a jamais joué auparavant et n'avait été vu que dans la version pour enfants de Jeopardy. Pourtant, certains jeunes possèdent un talent naturel, Horn est de ceux-là. Bien dirigés par un réalisateur aussi intelligent et sensible que Stephen Daldry, ils excellent. C'est ce qui arrive ici. Thomas Horn nous rive à l'écran et est étonnant en garçon au cœur de cette histoire. Extrêmement fort et incroyablement près est une fiction qui se déroule autour des vrais événements du 11 septembre 2001 à New York. Eric Roth, nommé quatre fois aux Oscars (gagnant pour Forrest Gump), a adapté le roman à succès de Jonathan Safran Foer. Quelques changements ont été effectués, ce qui arrive toujours dans les adaptations cinématographiques, mais l'essence du livre se retrouve à l'écran. Parmi ces modifications : le rôle de la mère a été élargi, et on a mis centrer le scénario sur le regard porté par l'enfant sur les gens qu'il rencontre. À CONSULTER:
Tom Hanks et Sandra Bullock, qu'on retrouve ici dans des rôles de soutien, jouent les parents de l'enfant avec dignité et crédibilité. Tom Hanks est bijoutier tandis que Sandra Bullock travaille dans un bureau qui jouit d'une vue imprenable sur les tours jumelles du World Trade Center. Thomas Horn incarne leur fils unique, un garçon qui entre dans l'adolescence et qui est rempli de peurs. Le film est ponctué de va-et-vient dans le temps. Nous voyons la famille avant, pendant et après le 11 septembre. L'accent est placé presque entièrement sur le garçon et son monde intérieur complexe, de même que sur son sens de l'humour et sa manière particulière de voir les choses. Stephen Daldry a également fait de ce film un hommage, voire même une lettre d'amour à New York. Une fois de plus, il montre qu'il peut allier douleur et joie, ainsi qu'il l'avait si bien fait dans un film comme Les heure. Oskar, le garçon, a des problèmes, les mêmes qu'avant le 11 septembre. Selon ses propres aveux, il pourrait être atteint du syndrome d'Asperger, même si les examens ne sont pas concluants. Il éprouve une peur déraisonnée de toutes les machineries lourdes et les grosses structures comme les ponts. Même une balançoire de Central Park — celle qu'utilisait son père quand il était enfant — le met dans tous ses états. Il ne socialise pas avec les étrangers. Mais cet enfant a des buts. Après les événements du 11 septembre, il cherche des réponses à un mystère entourant son père. La seule manière, pense-t-il, de gérer sa douleur de ce qu'il appelle «la pire journée» est de percer ce mystère. Sa mission implique d'explorer la ville et de rencontrer des étrangers. Son cheminement à travers la noirceur devient inspirant. Le film permet au public d'entrer dans les étapes finales du deuil d'un événement historique. Et pour cela, l'Académie nommera Extrêmement fort et incroyablement près aux Oscars. |