DIGNE D'UN TROISIÈME TRIOPour toujours les Canadiens Michelle Coudé-Lord Le Journal de Montréal 04-12-2009 | 16h04
Pour toujours les Canadiens, le docu-fiction en hommage au centenaire du Canadien de Montréal, ne passera pas à l'histoire. Pour utiliser le langage du hockey, disons que si ce film était un joueur, il serait bon pour le troisième trio. Il n'a rien du feu du Rocket ou de l'électricité d'un Guy Lafleur. Le mandat était énorme: faire un film en rapport avec le centenaire du Canadien. Encore plus énorme surtout en sachant que le réalisateur Sylvain Archambault a eu à peine 23 jours de tournage. C'est peu par rapport à la commande. Le premier défi était de faire équipe avec les dirigeants du Canadien. Et quand le CH fait du cinéma, il faut nécessairement que ce soit propre, franc et gentil. Comme l'a fort bien dit Claude Legault, «le Canadien, c'est le Vatican». La marque protégéeDonc nécessairement, il fallait protéger l'image, la marque. Ce fut fait. L'une des forces du film est d'ailleurs ces images du passé fort bien intégrées dans l'histoire. Christian Bégin fait un documentariste fort crédible. C'est lui qui nous parle du Canadien de l'époque avec passion. Son jeu est d'autant plus appréciable qu'en entrevue, il nous confiait ne pas être un fan de hockey. C'est ce qu'on appelle un pro. Pour toujours les Canadiens
Le film a cette belle qualité de réunir la famille au cinéma. Les plus jeunes découvriront la force du CH et ses années de gloire, les plus vieux revivront de beaux moments de leur enfance. Un scénario trop prévisibleQuant à l'histoire qui sert le film, disons qu'elle est facile et sans danger pour le CH. On a l'enfant malade à l'hôpital qui attend la guérison; et c'est son club préféré, le Canadien, qui l'aide à garder espoir. L'enfant sera comblé par la visite de ses idoles, dont Koivu... ce qui est un peu agaçant, car on sait que Koivu nous a quittés. Sur ce, Sylvain Archambault, le réalisateur, aime rappeler que ce joueur a été un des capitaines respectés de l'histoire du Canadien. Peut-être, mais disons que ça fait moins rêver. Tout est trop prévisible dans ce film. Chapeau toutefois aux jeunes comédiens du film Antoine L'Écuyer, Hugo St-Onge-Paquin et Dhanaé Audet-Beaulieu. Ils jouent avec vérité. Jean Lapointe, dans son rôle de gardien du temple, responsable du vestiaire du club et de l'entretien de l'amphithéâtre, est un de ceux qui savent nous émouvoir, tout comme Claude Legault, qu'on voudrait comme entraîneur de hockey pour l'équipe de notre gars. La présence de Jean Béliveau est un beau clin d'oeil. Au fait, le problème de ce film n'est pas les acteurs. Que non! Tous crédibles, les Claude Legault, Jean Lapointe, Christian Bégin, Denis Bernard, Réal Bossé, Céline Bonnier rendent tous justice à cette histoire un peu faible. Un film familialJacques Savoie, l'auteur, rappelle qu'il a écrit un conte de Noël autour du CH. Sans doute parce qu'on parle justement du Canadien, de son histoire, de son centenaire, de son époque, de son importance, on s'attendait à un scénario digne d'une grande finale de coupe Stanley. Le film Pour toujours les Canadiens ne soulève pas une telle passion. Sa qualité première est qu'il amènera des familles au cinéma et que les enfants et les parents pourront partager leur amour du hockey et du CH. Juste pour cela, on peut dire mission accomplie. Le film distribué par TVA films sort dans une centaine de salles au Québec aujourd'hui et aussi dans deux salles au Nouveau-Brunswick et à Orléans près d'Ottawa. |