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Notre critique - The Road
Cote de Canoë
3.5/5

NOTRE CRITIQUE

The Road

vu et commenté par Martin Morin
28-11-2009 | 12h00
Comme si adapter un roman au cinéma n’était pas une façon de s’aliéner de facto toutes les catégories de puristes qui n’attendent que la sortie du film pour dénoncer chaque parcelle d’élément manquant, il fallait que John Hillcoat (The Proposition) s’attaque à Cormac McCarthy.

L’auteur américain avait été servi brillamment par les frères Coen (No Country for Old Men s’est mérité 4 oscars, dont celui du meilleur film). Malheureusement, l’adaptation de son magnifique roman The Road fait moins bonne figure.

Pas facile en effet d’adapter un roman aux teintes de gris comme The Road, dont l’histoire au goût d’Apocalypse se veut d’une simplicité désarmante. Suite à une catastrophe mondiale – jamais nommée – un homme et son fils tentent de survivre dans un monde où l’humanité – l’humanisme - n’est plus qu’un vague souvenir et où toute forme de ressources est inexistante.

La force du récit de McCarthy tient dans l’étroite relation père-fils et dans leur souvenir d’un être cher disparu – la mère, qui a décidé qu’elle ne voulait plus uniquement «survivre».

Ce que Hillcoat a réussi, c’est de donner à son film la couleur du roman. Dès les premiers instants, c’est gris, c’est froid, l’inconfort est immédiatement palpable. Le travail visuel recréant cette Amérique décharnée – ce pourrait être n’importe où – fonctionne à plein. Et dans les rôles respectifs du père et de son fils, Viggo Mortensen et Kodi Smit-McPhee sont impeccables.

Dans le rôle de la mère, Charlize Theron offre ici l’intensité de jeu qu’elle déployait dans Monster (2003). On est en droit de se demander : si ce rôle avait été offert à une actrice relativement inconnue, lui aurait-on offert autant de présence à l’écran?

Là où Hillcoat a échoué, c’est dans l’allégement de l’histoire. Le livre de McCarthy est dur et sans pitié; le film de Hillcoat prend bien soin de napper le tout de mièvreries (musique envahissante, souvenirs apaisants d’une vie pré-apocalypse).

Mais là où le bât blesse vraiment, c’est dans une finale qui va totalement à l’encontre de l’esprit du livre – et même du film! Que le réalisateur n’ait pas eu le courage de donner à son film une fin sans se soucier des lois hollywoodiennes est tout simplement désolant.

Espérons que pour sa prochaine adaptation, il choisira un auteur qui aime les histoires qui se terminent bien, question de ne décevoir personne.