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Notre critique - Planète 51
Cote de Canoë
3/5

NOTRE CRITIQUE

Planète 51

Vu et commenté par Martin Morin
21-11-2009 | 12h26
Pour son tout premier film d’animation, la nouvelle compagnie de production Ilion Animation s’est adjoint les services du scénariste Joe Stillman. Si ce nom ne vous dit rien, sachez que c’est lui qui a (notamment) écrit le scénario de Shrek. Et dans Planète 51, premier film du réalisateur Jorge Blanco, ça se sent.

À l’instar de Shrek, où une histoire somme toute classique de preux chevaliers, de princesse et de dragon nous était racontée d’un autre point de vue - celui d’un ogre – Planète 51 revisite un territoire archi-connu au cinéma de genre: la crainte de l’invasion extraterrestre dans l’Amérique du milieu du XXe siècle. Pensez aux classiques de SF de l’époque: The Day the Earth Stood Still, Invasion of the Body Snatchers, War of the Worlds, etc.

Et comme avec Shrek, Stillman voit cela d'un oeil différent. Et si l’Homme était l’extraterrestre, et que la pacifique mission scientifique d’un seul astronaute était perçue comme une invasion hostile? Voilà qui rend la chose soudainement plus intéressante. En transposant l’univers des années 50 dans un monde peuplé de petits bonhommes verts, Stillman a réussi un clin d’œil très amusant.

Les voitures ressemblent à des soucoupes, les maisons ont un air futuriste attendu, mais ces habitants d’un autre monde ont la même technologie que nous il y a 60 ans. Chez eux, l’univers fait 500 km de large et tout ce qui vient de l’extérieur engendre un élan de xénophobie exacerbée.

Bien sûr, Planète 51 ne se veut pas une étude sociologique de l’Amérique de la guerre froide, et dès que l’astronaute Charles T. Baker (Marc Dupré dans la version française) plante fièrement le drapeau américain dans ce qui s’avère être la cour d’une paisible famille de banlieusards «from outer space» rien ne va plus et le cabotinage commence.

Empruntant ici et là à plusieurs films de science-fiction - du chien «Alien» au robot WALL-E croisé avec une webcam, Planète 51 s’avère être un bonbon extrêmement sucré au début qui malheureusement perd de sa saveur en cours de route.

Car une fois l’effet de nouveauté passé, une fois qu’on a bien digéré cette notion de transposition humain-extraterrestre, il ne reste plus que l’histoire qui finit par s'essouffler, un récit vu et revu 1000 fois et qui, contrairement à Shrek, ne bénéficie pas de personnages colorés et hilarants pour porter le film jusqu’à sa conclusion.

L’effort en vaut la peine, mais simplement réchauffer un plat servi très souvent n’en altère pas nécessairement le goût.