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Notre critique - The Fourth Kind (Le Quatrième type)
Cote de Canoë
2/5

NOTRE CRITIQUE

The Fourth Kind (Le Quatrième type)

Vu et commenté par Martin Morin
06-11-2009 | 22h52
On ne peut pas dire que le réalisateur Olatunde Osunsanmi nous gagne à sa cause dès la première scène de ce film.

L’actrice Milla Jovovich – et non son personnage – se présente et nous informe dans son ton des grands jours que ce que nous verrons est tiré d’une histoire vraie, et que c’est à nous que revient la décision ultime de départager le vrai du faux, de croire ou non à la véracité de ce qui nous sera raconté dans les 98 prochaines minutes.

Après avoir vu la chose, force est de constater qu’on aurait également apprécié que la belle ukrainienne prenne soin de nous indiquer l’emplacement des sorties de secours si un malaise était venu gâcher notre expérience cinématographique. Comme l’ennui par exemple.

Voyons voir.

Jovovich incarne ici le docteur Abygail Tyler, une psychologue dont le mari aurait été assassiné pendant son sommeil et dont elle aurait repris les travaux dans la petite ville de Nome, en Alaska, au début des années 2000. Ce qui se passe là-bas serait troublant : des disparitions, des meurtres non élucidés, on en passe. Et des rêves communs parmi les habitants du petit bled. Mais qui donc – ou quoi – perturbe ainsi cette communauté nordique?

Le réalisateur Osunsanmi fait un pari audacieux. Il présente des extraits «authentiques» de «véritables entrevues» menées par la psychologue avec les habitants de Nome, côte à côte avec ses images filmées - avec cette fois de vrais acteurs qui récitent mot pour mot mais avec plus d’intensité bien sûr les propos des «vraies» victimes. Nous avons donc, à maintes reprises, à gauche le «fait vécu», et à droite «la reconstitution» qui n’amène absolument rien de plus.

Quel est ce stratagème? Espère-t-il vraiment que procéder ainsi donne un tant soit peu de crédibilité à cette bouillie pour chats? À force de vouloir convaincre le spectateur que ce qu’il voit est vraiment arrivé «et on vous le montre en plus, pour vrai!», Osunsanmi perd son pari et son film, sa crédibilité, le temps de crier «E.T., phone home».

Absolument tout ici sonne archi-faux, et une recherche internet sommaire vous convaincra de cela. On espère vous faire réfléchir, jeter un doute dans votre esprit. Non seulement ce but n’est pas atteint, mais le procédé a l’effet pernicieux inverse: le désintéressement.

Même s’il n’y avait qu’un iota de parcelle de peut-être, on s’en fout. On regarde, on attend, on se dit que cette dernière saison de X-Files n’était pas si mal finalement et on cherche une sortie de secours. Où sont-elles situées déjà?