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Notre critique - Astro
Cote de Canoë
3/5

NOTRE CRITIQUE

Astro

vu et commenté par Martin Morin
24-10-2009 | 04h00
Astro vit le jour dans le manga d’Osamu Tezuka il y a de cela 58 ans. Le personnage vécu plusieurs transformations avant de se rendre sur nos écrans en 2009. D'abord bande dessinée, il devint animé au petit écran – en noir et blanc – en 1963. Il fallut attendre les années 1980 pour voir le sympathique enfant robot sur nos écrans. En 2003, le personnage ressuscita dans une nouvelle version.

Et nous y voilà. Actualisé, remodelé, humanisé (!), Astro s'est offert toute une cure de Jouvence et a même eu droit au traitement désormais de facto en animation grand public: des voix connues. Si la version américaine a eu droit aux Nicolas Cage, Samuel L. Jackson, Charlize Theron, Donald Sutherland et consorts, ici il a été fait grand état du doublage québécois.

Dans la version française nous entendrons Patrice Robitaille, Antoine l'Écuyer, Jacques l'Heureux, Hubert «Homer» Gagnon, Mirianne Brûlé, Pierre Brassard, Stéphane Crête et Anne Dorval – cette dernière seulement si vous ne manquez pas les premières minutes du film.

Est-ce que ça rend le film plus sympathique? Certains diront que oui. Est-ce que ça le rend meilleur? Absolument pas. Contrairement à des films comme Shrek ou Aladin, où les personnages sont directement calqués sur les acteurs qui prêtent leurs voix (Eddie Murphy et l'âne, Robin Williams et son célèbre génie de la lampe), les personnages d'Astro auraient pu bénéficier des services vocaux de n'importe quel membre de Virginie que ça n'aurait fait aucune différence. Sans évidemment rien enlever au travail accompli par l'équipe de doublage d'Astro.

Le film aborde l'origine du robot, assez méconnue de ce côté du Pacifique. Un jeune garçon - Toby - décide d'accompagner son père , le Dr. Tenma, lors d'une présentation bien particulière. Ce scientifique au service du président Stone, un homme sans scrupule prêt à tout pour se faire réélire à la tête de la ville volante Metro City, participe à l'étude d'une nouvelle matière qui doit décupler les forces – en bien ou en mal – des robots. L'expérience tourne mal et le jeune garçon meurt au cours de celle-ci.

Pris de chagrin et ne sachant pallier à la perte de son fils, Tenma utilise ses talents et le cheveu retrouvé dans la casquette de son enfant pour le cloner mécaniquement. Le nouveau robot, d'abord prénommé comme l'enfant, possédera les mêmes souvenirs, en plus d'avantages non négligeables comme voler et posséder une force herculéenne.

Mais très rapidement, le père se rend bien compte que cet ersatz d'enfant ne peut lui donner ce qu'il a perdu, et le rejette. Perdu, l'enfant fuit et est aussitôt pourchassé par les forces du président Stone, décidé à reprendre au robot l'élément qui lui donne une telle puissance. L’enfant-robot échouera alors sur la surface de la planète Terre ou il se rendra compte que les habitants de Metro City ont peut-être jugé trop rapidement ceux qui habitent la surface pourtant supposément inhabitable.

Ici, Astro n'est plus le vaillant combattant-enfant que les moins jeunes d'entre nous ont connu. Ses aventures héroïques sont mises de côté, au profit d’une quête d'identité, doublée de leçons de vie qui se suivent avec une précision suisse. Voyons ce qu'est le deuil. Ensuite, allez hop on enchaîne: les regrets, le remord, l'abandon, l'espoir, l'acceptation. Sachez qui sont vos vrais amis. Ne jugez pas trop rapidement. N'oubliez pas de recycler et de respecter votre environnement. Vas-tu finir cette pointe de pizza? D’accord, on aura compris.

Le récit se déroule toutefois assez rapidement pour ne pas s'ennuyer, l'histoire est assez dense pour maintenir l'intérêt et l'animation est de grande qualité. La musique, beaucoup trop présente, exagère presque chaque scène à un point tel qu'à mi-chemin on en est totalement lassé.

Les enfants apprécieront sans doute beaucoup cette aventure d'Astro. Parions qu'il y aura une suite. Rien ne manque ici pour plaire à un jeune public qui appréciera la richesse visuelle et les personnages attachants. Vous avez connu Astro dans les années 1980 et espérez faire un petit tour du côté de vos vieux souvenirs télévisuels? Désolé, ce film ne s'adresse pas à vous.