NOTRE CRITIQUELes Dames en bleuvu et commenté par Martin Morin 16-10-2009 | 11h30
Inutile de vous débattre ou de fuir, si vous visionnez le plus récent documentaire de Claude Demers, Les Dames en bleu, le célèbre air du crooner québécois vous collera à l’oreille pour ne plus jamais vous quitter. Ce qui devait être au départ un portrait du chanteur Michel Louvain et de la société qui l’a vu devenir une icône (rien de moins) de la chanson populaire québécoise s’est transformé en cours de route. Avec Barbiers: une histoire d’hommes, Claude Demers a laissé la parole à ces hommes de métier, ceux dont toute l’existence se définit par leur travail, intarissables dans leurs souvenirs. En s’attaquant au phénomène Louvain, le réalisateur espérait donner la parole à des femmes qui, sans nécessairement être sur le marché du travail – époque oblige – vécurent à leur façon une passion tout aussi prenante. Ce qu’il découvrit le fascina. Les Dames en bleu, ce n’est pas tout à fait un film sur Michel Louvain. Certes, le chanteur est au coeur du propos, mais ce que l’on retient du documentaire, c’est la passion avec laquelle les fanatiques (le mot n’est pas trop fort) de l’artiste s’approprient sa vie pour vivre la leur par procuration.
Les Dames en bleu
Que penser de Nicole, dont les arrangements funéraires incluent la présence de photos de Louvain dans son corbillard? Ou de Mamie, cette femme de 96 ans qui, en chaise roulante et une gerbe de fleurs à la main, rencontre le chanteur et tremble de nervosité. «Tant que tu seras là, ça va bien aller», lui dira-t-elle. Et vous rencontrerez Margot. Une femme qui, contrairement aux quatre autres dames dépeintes dans le film, n’expose pas son amour pour Michel Louvain sur ses murs mais le porte dans son coeur. Sa vie semble avoir été une suite d’épreuves fort difficiles, mais elle est toujours là, solide et fière. Il faut la voir prendre vie lors d’un spectacle du chanteur. Avec Les Dames en bleu, Demers a été beaucoup plus loin qu’il ne l’espérait dans l’intimité de ces femmes qui représentent, peut-être bien malgré elles, une portion de ce que le Québec fut à une époque dont le souvenir perdurera grâce à des documents comme celui-ci. |