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Une intrigue troublante et touchante - Je suis heureux que ma mère soit vivante
Cote de Canoë
4/5

UNE INTRIGUE TROUBLANTE ET TOUCHANTE

Je suis heureux que ma mère soit vivante

Denise Martel
03-10-2009 | 04h00
Totalement à contre-courant, un titre comme Je suis heureux que ma mère soit vivante a de quoi intriguer, mais ce n’est rien comparativement au film. Difficile de ne pas être profondément touché par cette histoire inspirée d’un fait vécu.

Cela dit, il faut voir le film pour comprendre la raison d’être du titre. Écrit et réalisé par Claude et Nathan Miller à partir d’un synopsis d’Alain Le Henry, Je suis heureux que ma mère soit vivante nous accroche jusqu’à la toute fin. Le fait qu’ils soient père et fils a peut-être un impact sur la façon de montrer – les premières images sont particulièrement éloquentes, à la fois belles et touchantes — et de raconter. À tout le moins, on sent qu’eux non plus ne sont pas indifférents à cette histoire troublante.

Comme la majorité des enfants, Tommy et son jeune frère Patrick respirent l’insouciance et la joie de vivre jusqu’au jour où leur mère, jeune et quelque peu immature, décide de les laisser à l’orphelinat. Ils sont adoptés par un couple (Christine Citti et Yves Verhoven) qui fait tout en son pouvoir pour leur donner une véritable vie de famille et les rendre heureux.

Cependant, Tommy réagit mal au fait d’avoir été abandonné par sa mère. Pas que ses parents adoptifs ne soient pas bien, mais sa vraie mère lui manque. Plutôt rusé, il réussit à obtenir le nom et l’adresse de sa mère naturelle qui a trouvé mari, mais ses tentatives pour la revoir avortent. Sa rancoeur se calme avec les années, mais pas son besoin de reprendre contact avec elle.

Je suis heureux que ma mère soit vivante

Ce qu’il réussit à faire, une fois sur le marché du travail. Le fait que Julie (Sophie Cattani) ait un autre fiston, beaucoup plus jeune que lui, semble lui permettre de renouer avec l’enfance qu’il n’a pas eue et sa mère biologique. Même qu’il prend plaisir à s’occuper de Frédéric et se montre père poule avec lui, jusqu’à ce que le film prenne une tournure tout à fait inattendue.

La mise en situation est excellente et les images nous permettent de sentir les émotions de Thomas. Vincent Rottiers (L’ennemi intime, Narco) nous émeut jusqu’au fond des tripes, sans pour autant que l’on réussisse à comprendre où il veut en venir. La finale a l’effet d’une détonation!

Sophie Cattani (Selon Charlie) joue à merveille entre l’insouciance, la séduction et la fibre maternelle. Pour sa part, Christine Ricci incarne une mère de remplacement un peu dépassée par les événements, mais néanmoins bouleversée par ce qui arrive à celui qu’elle considère comme son enfant. Il s’agit sans doute du film le plus touchant de Claude Miller depuis Betty Fisher et autres histoires.