NOTRE CRITIQUE9vu et commenté par Martin Morin 12-09-2009 | 11h00
Depuis Toy Story, tous les films d’animation grand public – on n’y échappe pas – carburent aux noms des «interprètes vocaux» qui s’y greffent. Dans ce cas-ci, on n’a pas lésiné : Christopher Plummer. Martin Landau, John C. Reiley, Jennifer Connelly donnent vie aux personnages créés par Shane Acker. La bonne nouvelle: il aurait pu s’en passer tant la qualité de l’oeuvre est remarquable. Reprenant ici son court-métrage - muet! - alors qu’il étudiait à l’UCLA (que vous retrouverez ici), Acker propose un film d’animation original, qui ne défie pas les normes scénaristiques mais qui hausse de quelques crans la barre de qualité. Disant s’inspirer de maîtres de la stop-motion (Jan Svankmajer et Brothers Quay entre autres) et des regards apocalyptiques de Zdzislaw Beksinski (à voir) , son film se situe à l’an zéro de ce qui se fait actuellement en termes de cinéma d’animation grand public. Comme Coraline l’a fait précédemment cette année, il faudra user de beaucoup de talent – et de moyens – pour émerveiller une salle comble.
Dans ce monde post-guerre, où les machines ont triomphé de l’Homme, 9 se réveille. Petit personnage aux yeux globuleux en métal, habillé de jute, il découvre rapidement que le monde dans lequel il évolue en est un de décrépitude et de destruction. Sitôt sorti, il rencontre d’autres de son espèce – numérotés eux aussi – et s’aperçoit bien rapidement que son existence en est une de fuite. Ensemble, ils doivent affronter un ennemi commun : les machines. Vous pensez Terminator? La ressemblance s’arrête là. Ici ce ne sont pas les humains qui doivent combattre les machines, mais bien deux créations de l’Homme – qui lui ont toutes deux survécu - qui devront s’affronter. À vous d’extrapoler sur le message. On sent dans le film la présence des producteurs associés, Tim Burton et Timur Bekmambetov (Daywatch/Nighwatch, Wanted), qui ont apporté conseils et support à Shane Acker. Si le film séduit d’emblée par sa facture visuelle, il finit par décevoir au niveau du scénario. Ce qui semblait être au départ une histoire de quête qui se termine rapidement mal – surprise! – devient alors une énième histoire de courage et de rédemption qui ne surprendra personne. Rien à crier sur les toits peut-être, mais quand même, avec une prémisse très forte, on se désole de voir que le récit emprunte la route vraiment trop bien pavée du héros vertueux qui fait fi de tout et de ses acolytes qui doutent et se rallient pour une finale attendue et sans surprise. Ce beau film méritait mieux que cela. Mais à cheval donné, il ne faut pas regarder la bride diront certains. 9 ne s’adresse pas aux jeunes enfants prompts aux cauchemars. Soyez avertis! |