TROP DE PERSONNAGES TUE LA COMÉDIEEssenceAgence QMI 05-09-2009 | 04h00
L’action, qui se déroule dans le cadre d’une entreprise familiale de boisson à base d’extraits de plantes, est apparemment vue à travers les yeux du propriétaire de l’usine. Joel (interprété par l’omniprésent Jason Bateman) n’est plus enthousiasmé par son travail et n’a plus de relations sexuelles depuis des mois avec sa femme (la sous-utilisée Kristin Wiig). Dans son malheur, il accepte de vendre son usine à la compagnie General Mills. Cependant, nous ne rencontrons pas Joel avant qu’une fausse artiste, Cindy (Mila Kunis), arrive en ville, s’empare d’une guitare dans un magasin avec la dose de violence appropriée et la place ensuite chez un prêteur sur gages. Ce film porte-t-il sur elle ? On pourrait le croire à premier abord, mais elle ne devient ensuite qu’un autre des personnages colorés qui ont leur heure de gloire dans Essence, avant d’être abandonnés. Parmi ceux-ci on trouve Dean (Ben Affleck), le meilleur ami de Joel, un barman toxicomane, qui le convainc de tester son mariage en embauchant un jeune homme sexy pour séduire sa femme; Brad (Dustin Milligan), le jeune gigolo, est le personnage le plus agréablement stupide de ce film bourré de personnages stupides (il a les meilleures répliques et, sans lui, le film serait vraiment plat); et le toujours fiable J.K. Simmons, dans le rôle de Brian, le bras droit de Joel qui déteste tout le monde sur la liste de paie de la société. Et puis il y a Step (Clifton Collins fils), le contremaître suffisant et vulgaire, qui perd un testicule dans un insolite accident de chaîne de montage. Cindy se met à fixer son dévolu sur lui pour qu’il devienne son nouveau petit ami et le persuade d’embaucher un avocat personnel louche (interprété par Gene Simmons). Il va sans dire que Joel finit par regretter d’avoir embauché son gigolo imbécile. Et son personnel, ayant vent de la vente imminente de la compagnie, se soulève et demande une part du gâteau. MINIMALISTEEssence est systématiquement joué de façon minimaliste, mais un jeu minimisé et mal orienté est en soi une mauvaise combinaison. Seul le personnage de Milligan peut être rangé dans la catégorie de ceux dont vous vous souviendrez, ce qui est de mauvais augure pour qu’Essence atteigne le statut d’oeuvre culte de la précédente comédie en milieu de travail de Judge, intitulée 35 heures, c’est déjà trop. |