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Notre critique - Taking Woodstock
Cote de Canoë
4/5

NOTRE CRITIQUE

Taking Woodstock

Vu et commenté par Antoine Godin
28-08-2009 | 04h00
Le réalisateur Ang Lee, bien connu pour ses Tigre et dragon (2000), Hulk (2003) et Le Secret de Brokeback Mountain (2005), nous propose cet été Taking Woodstock.

D’un scénario tiré des mémoires d’Elliot Tiber (né Teichberg) publiés en 2007, le film raconte comment le jeune Elliot s’est retrouvé au centre de l’organisation de l’événement mythique.

Ce très beau retour sur le happening musical nous replonge bien entendu au coeur de l’époque sex, drugs and rock’n’roll mais en s’intéressant de près aux effets de libération sur Tiber et sa famille. Au-delà du simple aspect festif de l’événement, on comprend que c’est dans la famille Teichberg qu’Ang Lee a vu un potentiel symbolique qui lui permettrait de donner un sens au film, un visage à l’Amérique.

Le jeune Elliot (Demetri Martin) travaille comme designer intérieur à Greenwich Village (New York) et s’implique dans le mouvement de libération gaie. À l’été 1969, il doit revenir au village de Bethel pour aider ses parents Jake et Sonia Teichberg (Henry Goodman et Imelda Staunton) dont le motel délabré El Monaco est menacé de saisie par la banque.

En cette époque de révolution culturelle, les deux tendances sont ici représentées : l’une tournée vers le passé et le conservatisme avec les parents immigrants juifs obsédés par l’économie de bas de laine, l’autre tournée vers l’avenir et la libéralisation avec le jeune activiste épris d’art. On élargit un peu plus le creuset avec du côté conservateur les villageois qui en ont contre les vulgaires hippies drogués et du côté libéral un fermier ouvert, un ami vétéran de la guerre du Viet-Nam, un ex-Marine transgenre et une troupe de théâtre.

Toute la première partie du film consiste donc à dépeindre avec humour, affection et réalisme ce milieu encroûté et les efforts d’Elliot pour en sortir, ce qui rendra d’autant plus jouissif, puissant et tangible le bouleversement radical qui survient par la suite avec la venue du demi-million de jeunes en quête de liberté et de changement.

La mise en scène est impressionnante avec les innombrables figurants, les costumes, les accessoires et les véhicules de l’époque que requérait une telle reconstitution historique. Ang Lee nous replonge également dans le passé avec la musique (quelle évidence), mais aussi en jouant avec le grain de l’image, passant par tous les grades entre le 8mm et le 35mm.

La famille Teichberg se transforme, le spectacle commence, la nostalgie s’installe et on se prend naïvement à rêver à un nouvel épisode débridé de liberté.