UNE COMÉDIE COLORÉE QUI MANQUE DE MORDANTAgathe CléryDenise Martel Le Journal de Québec 15-08-2009 | 04h00
Tout juste nommée directrice du marketing et responsable d’une nouvelle gamme de produits « peaux claires » dans une grande compagnie de cosmétiques, Agathe Cléry (Valérie Lemercier) ressent de curieux symptômes de fatigue et sa peau bronze à une vitesse hallucinante, comme si elle était allée au bord de la mer. Comme ce n’est pas le cas, elle décide de consulter pour apprendre qu’elle est atteinte de la maladie d’Addison, un mal rarissime qui colorera sa peau jusqu’à devenir complètement noire. Un drame qui prend des dimensions de tragédie dans le quotidien de la workaholic, peu appréciée de ses subalternes qui la considéraient déjà hautaine et raciste, ce dont elle ne se cachait pas. RIEN DE PIRE Pour elle, c’est l’horreur. Rien de pire n’aurait pu lui arriver. Pourquoi elle? Totalement désemparée, elle est prête à tout essayer jusqu’à ce qu’elle soit obligée d’affronter l’inéluctable. Heureusement, elle peut compter sur ses amies et ses parents, mais un peu moins sur son copain… Loin d’accepter sa nouvelle condition, elle se voit forcée de chercher un emploi, ce qui lui fera connaître, bien sûr, l’envers de la médaille. Soit être elle-même victime de racisme, jusqu’à ce que… Coécrit et réalisé par Étienne Chatiliez, Agathe Cléry séduit d’abord par sa forme, qui se promène entre l’humour noir et la comédie musicale, mais on ne rit jamais vraiment et le film accuse les défauts de ses qualités. À courir deux lièvres à la fois, on passe à côté de tout… Le film n’est pas raté, loin de là, mais il souffre de longueurs. On n’en finit plus de sentir le désarroi de la femme bourrée de préjugés. Après 40 minutes, il y a longtemps qu’on a compris le drame dans lequel elle se trouve plongée, mais le film fait deux heures. De plus, si certaines chorégraphies sont réjouissantes, entre autres celle des voyageurs qui se défilent comme des militaires, d’autres paraissent étirées et plus ou moins justifiées. Certaines répliques sont terribles, mais contrairement à ses habitudes, Chatiliez constate davantage qu’il ne mord. Valérie Lemercier offre une solide performance et Isabelle Nanty, un support total. Quant à Anthony Kavanagh, il n’arrive qu’après 75 minutes et son rôle ne dépasse guère les bécotages et les sourires convenus. Leur coup de foudre musical est plus ou moins bien amené. Il faudra attendre d’autres rôles pour savoir s’il a vraiment du talent comme acteur. |