NOTRE CRITIQUEDistrict 9vu et commenté par Martin Morin 14-08-2009 | 04h00
Fait exceptionnel, le récit de ce mélange action/science-fiction ne se passe pas à Washington, New York ou Londres mais à… Johannesburg, en Afrique du Sud! Les extraterrestres sont arrivés sur Terre il y a près de 30 ans. Enfin sur Terre… leur gigantesque vaisseau (pensez Independence Day) plane au-dessus de la ville africaine depuis ce temps. Aucun visiteur n’en sort. Impatients, les humains décident de s’y rendre, percent la coque et découvrent un million de créatures affamées, abandonnées à leur sort. Des navettes les amèneront dans des camps ou elles seront nourries et étudiées. Mais le choc des… ahem… «cultures» est trop grand, humains et extraterrestres ne font pas bon ménage. Après presque trois décennies, la population locale s’impatiente et réclame le départ de ces sans-papiers à la sale gueule. Un petit fonctionnaire tout ce qu’il y a de pousse-crayon (très convaincant Sharlto Copley) se fait mettre en charge – merci beau-père – du rapatriement des créatures dans un camp isolé de la ville. Mais tout ne tournera pas rond, et la rébellion s’installe. L’idée de base du film est très intéressante, et il est aisé de voir le rapprochement qui peut être fait avec la ségrégation qu’a connue – et connaît encore – ce pays d’Afrique célèbre pour de mauvaises raisons. Toutefois, si la première moitié du film relève un peu plus du drame social que de la science-fiction, l’histoire se perd un peu dans sa seconde moitié, avec de nombreuses scènes d’action fort bien réussies soit, mais qui sentent un peu trop le déjà vu. On se remet encore (difficilement) de Transformers 2… Dire que ce film est une allégorie de l’Apartheid serait une grave exagération, comme si les Boys se voulait une analyse de la société québécoise.Mauvaises langues, je vous ai entendues! Si le scénario vous rappelle quelque chose… vous avez bonne mémoire. En 1988, le film Alien Nation de Graham Baker nous offrait également la vision d’une société où humains et extraterrestres tentaient de vivre ensemble, sans grand succès. À la différence que le film de Baker était, au mieux, mauvais. Malgré une histoire qui se perd un peu en cours de route – on se croirait par moment dans The Fly de Cronenberg, Neill Blomkamp réussit tout de même à conserver notre intérêt. Avec l’excellent Moon de Ducan Jones, sorti plus tôt cette année, il semble que le genre science-fiction soit enfin entre bonnes mains. Attendons maintenant de voir si le projet Rendez-vous with Rama – s’il aboutit un jour – sera à la hauteur du classique d’Arthur C. Clarke. |