D'UN CYNISME SAVOUREUXLouise-Michelpar Denise Martel 08-08-2009 | 09h45
Dès les premières secondes, le ton est donné, le cynisme est de mise et on commence déjà à se bidonner. Sans être pliés en deux, on a le sourire accroché au visage pendant toute la durée du film. S’attendant au pire, la dizaine d’ouvrières d’une petite manufacture sont convoquées par le patron. Surprise, il s’élance contre le misérabilisme ambiant et leur offre des blouses de travail toutes neuves avec leur prénom brodé dessus. Re-surprise le lendemain matin, à leur arrivée au boulot, quand elles réalisent que les lieux ont été vidés. Le patron est parti sans laisser d’adresse. Pour toute compensation, 100 euros par année avec un maximum de 2000 euros, peu importe qu’elles aient travaillé 20, 30 ou 40 ans!
LA MORT AUX TROUSSESEn désespoir de cause, elles commencent à penser à investir leur pécule ensemble pour démarrer une nouvelle entreprise, mais que faire avec 20 000 euros? Soudainement, Louise, celle qui ne parle jamais, l’air timide et grognon, lève la main. «Et si on engageait un tueur pour buter le patron?» Et vlan! Mais pour ça, il faut trouver un professionnel et ensuite, se mettre aux trousses du patron... Louise-Michel
On ne vous raconte pas la suite, mais le public n’est pas au bout de ses rictus avec la mise en scène du tandem Benoît Delépine et Gustave Kervern, tous deux issus de la télé française et du cinéma marginal. Celle-ci cultive l’inattendu et le sordide. C’est le monde à l’envers!
RÔLES-TITRESLouise-Michel est en fait un film à deux personnages. Les ouvrières, pour la plupart incarnées par de véritables ouvrières licenciées, sont purement accessoires. Tout se passe entre Louise (Yolande Moreau) et Michel (Bouli Lanners), celui qu’elle recrute finalement pour descendre le patron, et ils forment un tandem inattendu. Les deux comédiens sont aussi hauts en couleur que leurs personnages sont des paumés hors normes. Le film a visiblement été tourné avec peu de moyens et beaucoup d’absurdité. Tout est volontairement «cheap»: les décors, les personnages, les scènes, mais on sourit allègrement. Louise-Michel est rigolo et le ton fait que le film est difficilement comparable. À voir pour le plaisir. |