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Notre critique - Les Grandes chaleurs
Cote de Canoë
4/5

NOTRE CRITIQUE

Les Grandes chaleurs

vu et commenté par Martin Morin
08-08-2009 | 09h30
Sophie Lorain peut remercier Marie-Thérèse Fortin.

C’est grâce à son jeu nuancé et son charisme qui fend l’écran si cette adaptation de la pièce signée Michel Marc Bouchard (Les Muses orphelines) est une réussite. Et ceci sans rien enlever à François Arnaud, François Létourneau et consorts.

Pour son premier film, l’expérimentée actrice et productrice a su s’entourer. Les mots de Bouchard lancés par une panoplie d’acteurs au ton juste – alors qu’il est facile de dériver dans une comédie dramatique où les personnages frôlent la caricature – sont un plaisir à entendre. Les aspects dramatiques et humoristiques de l’histoire s’entrechoquent sans jamais se chevaucher, sans que l’aspect comique ne vienne enlever aux moments plus poignants leur force, leur impact.

Gisèle Couture (impeccable Marie-Thérèse Fortin) a 52 ans. Elle vient de perdre son mari, un homme dont la statue se déboulonnera lentement à mesure qu’elle découvrira sa véritable nature. Lui survivent également les jumeaux, Louis et Louisette (excellents François Létourneau et Véronique Beaudet), sarcastiques à souhait qui ne désirent qu’une chose: le bonheur de leur mère. Et ce bonheur devra passer par un aveu – celui de la soeur de Gisèle (Marie Brassard) – qui était bien plus qu’une belle-soeur pour feu son mari.

Un jeune homme fait irruption – le mot est faible – dans la vie de Gisèle: Yannick (François Arnaud), de 30 ans son cadet. La différence d’âge, l’un des points centraux du récit, n’est pas le seul problème à affliger la relation émotionnelle qui naît entre les deux. Gisèle est travailleuse sociale, et Yannick – bel éphèbe au passé trouble – fut auparavant l’un de ses clients… Peut-on laisser libre cours à ses pulsions sans égard aux gens qui nous entourent, aux regards qui jugent, à la société qui colporte? Et voilà c’est parti!

Si vous espérez une analyse sociologique du phénomène d’amour intergénérationnel ou la mise à mort de ce que certains s’empressent d’appeler «l’un des derniers tabous» (l’amour entre une femme et un homme beaucoup plus jeune qu’elle), vous serez déçus. On n’y prend même pas le temps d’expliquer les motivations de Yannick, par exemple, ou qu’est-ce qui motive réellement Gisèle à se lancer tête première dans cet «interdit». Quelques brefs points de repère ici et là et hop!, l’histoire continue. À nous de faire le cheminement des personnages.

Réalisé de manière adéquate, laissant toute la place à des acteurs chevronnés (au théâtre surtout), le film de Sophie Lorain souligne de belle façon le travail d’écrivain de Michel Marc Bouchard. Et il faut saluer encore une fois la présence jouissive de Marie-Thérèse Fortin qui porte presqu’à elle seule l’ensemble du film sur ses fortes épaules. On lui souhaite d’autres rôles de cette trempe au grand écran.