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Notre critique - De Père en flic
Cote de Canoë
2/5

NOTRE CRITIQUE

De Père en flic

vu et commenté par Martin Morin
08-07-2009 | 17h00
Les inconditionnels de Louis-José Houde seront certainement ravis, et pour cause. Cette comédie d’Émile Gaudreault, présentée comme le phénomène de l’été, fera patienter toute la communauté de fans de l’humoriste jusqu’à la reprise de sa tournée de spectacles.

Car si De Père en flic se définit comme une «psycho-comédie policière», l’ensemble de la chose ressemble plutôt à un présentoir de luxe dans lequel l’humoriste évolue librement et distribue ci et là des one-liners redoutables, certes, mais sans grande portée.

Jacques Laroche (Michel Côté) et son fils Marc (Houde), deux policiers affectés à la lutte aux motards, doivent mettre un terme à la carrière criminelle de Luc «Mononc» Tardif (Jean-Michel Anctil), le chef de la bande. Mais ce dernier est inattaquable. Seul recours possible: faire parler son avocat, Me Charles Bérubé (Rémy Girard), imperturbable aux yeux de tous, mais secrètement terrassé par le remords et les doutes face aux actions de son célèbre client.

La vie familiale de Bérubé n’est pas plus rose; sa relation avec son fils Tim (Patrick Drolet) étant un échec cuisant, il se voit dans «l’obligation» d’assister avec ce dernier à une séance de camping de ressourcement père-fils. Flairant l'opportunité d'arriver à leurs fins, duo Jacques-Marc Laroche se joint à eux sous le couvert de l'anonymat. Mais ces policiers de père en fils ont également plusieurs blessures intérieures à panser...

Profitant de la vulnérabilité de Bérubé, les policiers tenteront de le coincer et de lui faire avouer les méfaits sordides de Tardif. Mais c’est sans compter sur l’impatience du chef criminel qui mettra tout en oeuvre pour rapatrier à Montréal son avocat corrompu et… compétent.

On ne pourra pas dire que le tandem de scénaristes Gaudreault-Ian Lauzon ait lésiné sur les personnages secondaires. S’ajoutent à ceux déjà cités : Caroline Dhavernas, Luc Senay, Normand d’Amour, Patrice Coquereau, Sébastien Huberdeau, Jici Lauzon, Robin Aubert (!)… C’est à se demander si l’UDA offrait du 2 pour 1 en cette période de crise économique.

Émile Gaudreault, qui carbure à la comédie depuis ses beaux jours au sein du Groupe sanguin, n’en est pas à ses premières armes. C’est lui qui a adapté Mambo Italiano au grand écran et qui a donné à un autre humoriste – François Morency – son premier (et seul) rôle au cinéma dans Nuit de noces.

Il faut habiter Kangiqsualujjuaq – et encore – pour ne pas avoir lu ne serait-ce qu’une phrase sur la grande complicité unissant Michel Côté et Louis-Josée Houde. Personne n’affirmera le contraire, le plaisir qu’ils ont eu crève les yeux. Mais un film ne se bâtit pas uniquement sur la qualité de ses acteurs, puissent-ils être de la trempe d’un Michel Côté. Cette désagréable impression que son tourmenté Pierre Gauthier (Omertà) navigue soudainement parmi ses personnages colorés de Cruising Bar n’arrange rien.

À trop vouloir mener la bataille sur deux fronts, celui de la comédie légère (pari réussi) et celui du drame psychologique (qui dans ses pires moments est carrément lassant), le film amincit trop sa ligne directrice. Il oscille entre le désir de divertir et celui de faire réfléchir. Mais on ne demande pas au meilleur pâtissier de nous préparer un excellent gigot.

Pris à la pièce, comédie pour comédie, De Père en flic vaut aisément tout ce qui nous vient de nos voisins du Sud; on rit un peu, on grince un peu et on se surprend de rire encore lorsque quelqu’un tombe à l’eau. Avec cette particularité que c’est toujours plus drôle – et sympathique, disons-le – quand les visages nous sont familiers.