NOTRE CRITIQUEStar Trekvu et commenté par Martin Morin 09-05-2009 | 05h00
Ce onzième film nous place sur le chemin du jeune James Tiberius Kirk (Chris Pine), une tête brûlée habitant l’Iowa, vit à 100 milles à l’heure sans se soucier des conséquences. Après une soirée pour le moins mouvementée (ayant notamment tenté - en vain - de séduire une beauté répondant au nom d’Uhura), le destin l’attend sous les traits du capitaine Pike, commandant du vaisseau USS Entreprise qui l’invite à cesser de gâcher sa vie et à suivre les traces de son père, ex-commandant émérite qui a perdu la vie en affrontant Néro (Éric Bana), ennemi juré de la Fédération. Si James Kirk change d’environnement, le petit voyou en lui n’est jamais bien loin. Confronté par l’Académie de la Fédération pour avoir triché lors d’un examen de manœuvres de combat, il doit se défendre face au créateur du test en question, un génie mi-vulcain mi-homme répondant au nom de Spock (Zachary Quinto, impeccable). Comme le dit l’adage finlandais: «the rest is history». Ensemble, ils se retrouveront sans crier gare au coeur d’un conflit qui – évidemment – menace l’existence même de la race humain… et vulcaine.
Si l’action ne manque pas, l’intérêt premier du film réside totalement dans la découverte – plutôt la redécouverte – des personnages. Les jeunes Scotty, McCoy, Sulu et Chekov sont un véritable régal. Et oui, Anton Yelchin reprend parfaitement l’accent russe grotesquement exagéré de son prédécesseur. Rappelez-vous, Star Trek fut créé en pleine guerre froide… Il va sans dire que c’est la relation Kirk-Spock qui porte tout le film. En rouvrant ainsi le livre de leur jeunesse, les scénaristes n’ont pas lésiné pour donner au plus célèbre des Vulcains une fragilité et une colère qu’on ne lui soupçonnait pas. Et sans vendre la surprise, disons qu’il réussit là où son capitaine a précédemment échoué… Faut-il connaître et être vendu d’avance au phénomène pour apprécier le film? Pas nécessairement. Ce sera alors, pour certains, qu’un autre spectacle visuel bourré d’adrénaline et de dialogues amusants, mais sans importances. D’autres se découvriront peut-être un intérêt pour le monde imaginé par Gene Roddenberry voilà de cela 40 ans. J. J. Abrams a réussi ici ce que Christopher Nolan a fait avec la franchise Batman : donner du muscle, de la pertinence et une seconde vie à une œuvre que l’on croyait moribonde. N’en doutez pas, il y en aura d’autres. Et pour ceux qui se posent la question, soyez immédiatement rassurés : oui, l’inconnu dans le costume rouge est ici aussi le premier à mourir. |