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Pas si con que ça... - L'Emmerdeur
Cote de Canoë
3/5

PAS SI CON QUE ÇA...

L'Emmerdeur

par Pierre O. Nadeau
Le Journal de Québec
25-04-2009 | 04h00
C’est plutôt rare qu’un film verse dans le burlesque. C’est cette saveur inédite dont relève la comédie L’emmerdeur, qui ne mérite pas le matraquage des critiques.

En dépit de ses quelques invraisemblances, le film de Francis Veber procure un divertissement des plus agréables. Ceux qui ont savouré Le dîner de cons y trouveront leur compte, malgré l’effet de déjà-vu!

RETOUR

En version rafraîchie, L’emmerdeur est de retour sur nos grands écrans au terme d’un parcours incroyable.

Rappelons les faits: en 1971, Francis Veber met en scène sa pièce Le contrat. En 1973, il l’adapte au cinéma pour le réalisateur Édouard Molinaro, avec la réunion de Lino Ventura, dans le rôle du tueur à gages, et de Jacques Brel, dans celui du casse pieds.

On se souvient aussi de la version hollywoodienne, Buddy Buddy, avec les irrésistibles Jack Lemmon et Walter Matthau.

En 2005, Francis Veber la ramène au théâtre et réadapte son scénario de cinéma lui-même adapté de la pièce originale pour la remonter sur les planches. La pièce garde l’affiche pendant deux ans avec Richard Berry et Patrick Timsit dans les principaux rôles, puisque Ventura et Brel sont morts.

Les deux mêmes nouveaux acteurs sont ensuite invités à transposer leurs personnages dans ce nouveau film, sorti l’an dernier en Europe, et disponible au Québec depuis hier.

TOUT UN CON!

Bien sûr, L’emmerdeur nous rappelle toute la fantaisie du savoureux Dîner de cons du même auteur. Son personnage fétiche de François Pignon est de retour, plus con que jamais, dans une folle aventure généreusement assaisonnée d’humour. L’histoire est toujours la même: le destin réunit deux êtres très différents dans deux chambres d’hôtel contiguës. Dans l’une, un tueur, Ralph Milan; dans l’autre, un suicidaire, François Pignon. Pignon a un chagrin d’amour, Ralph, un homme à abattre!

Embusqué dans cette chambre d’hôtel, ce dernier a pour mission de descendre de sa fenêtre le témoin clé d’un retentissant procès sur une affaire de corruption, qui se déroule au palais de justice voisin.

Carabine à l’épaule, il se prépare à cibler sa proie quand un bruit provenant de la chambre voisine l’oblige à ranger son arme. Le garçon de chambre débarque aussitôt dans sa chambre et le presse de venir lui prêter main-forte pour sauver son voisin qui vient de rater son suicide après s’être accroché à la pomme de douche.

CONFUSION

Et s’ensuit une abracadabrante série de quiproquos qui fera grimper l’impatience et l’irritabilité du tueur à gages face à son «fauteur de merde», inconsolable depuis sa rupture amoureuse.

Ignorant la vraie personnalité du tueur, notre naïf lui lance des boutades du genre: «Qu’est-ce que vous avez de plus important à faire que de sauver la vie d’un homme?» Et voilà que surgissent sur le plateau l’ex de Pignon (Virginie Ledoyen), qui rend impossible tout espoir de réconciliation, puisqu’elle s’est entichée de son psychologue (Pascal Elbé).

Les rebondissements s’accentuent encore dans cette comédie bien ficelée, qui produit un duel d’acteurs des plus crédibles.