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Familier et prévisible - The Soloist (Le Soliste)
Cote de Canoë
3/5

FAMILIER ET PRÉVISIBLE

The Soloist (Le Soliste)

25-04-2009 | 04h00
Dans le film Le Soliste, le chroniqueur Robert Downey Jr. jase avec un sans-abri schizophrène et sent immédiatement qu’il y a là une histoire.

Le film, initialement prévu pour novembre dernier, est basé sur une véritable histoire qui porte sur la puissance réparatrice de l’amitié, de l’art et de la presse écrite.

On retrouve le célèbre réalisateur Joe Wright, les respectés comédiens dramatiques Jamie Foxx et Downey Jr., sans oublier des rôles à la fois sincères mais tape-à-l'oeil et, enfin, une haute conscience sociale qui est démontrée par l’entremise d’un homme blanc d’âge moyen.

Certes, le film, inspiré par la relation entre le journaliste Steve Lopez et le virtuose musical atteint de maladie mentale, Nathaniel Ayers, est ancré dans la vérité. Mais cela n’empêche pas le fait qu’il donne l’impression de manquer de naturel. Malgré toutes ses bonnes intentions, Le Soliste est trop familier et prévisible.

Nous suivons tout d’abord la rencontre de Ayers (Foxx) avec Lopez (Downey) dans les rues du centre-ville de Los Angeles. Lopez, son visage marqué par des cicatrices après un accident à vélo, est un chroniqueur du Los Angeles Times dans un perpétuel état de distraction, qui garde ses distances par rapport à son entourage, que ce soit sa rédactrice en chef et ex-femme (Catherine Keener) ou leur fils d’âge collégial. Malgré cela, il est incapable de résister à un personnage aussi étonnant, fragile et fascinant que Ayers.

ÂME PERDUE

Bien sûr, en surface, celui-ci ne semble être qu’une autre âme perdue. Mais derrière des conversations sans queue ni tête, Lopez sent qu’il y a davantage : un esprit fragmenté, capable d’aimer et de comprendre la musique. Sinon, comment expliquer le moment où Ayers sort de son panier un violon à deux cordes usé par le temps et commence à jouer?

Intrigué, Lopez enquête et apprend que Ayers a été étudiant chez Juilliard. Il vit maintenant dans la rue, désintéressé de tout semble-t-il, à l’exception de son farouche attachement à Beethoven. C’est certainement suffisant pour une chronique, que rédige Lopez et qui suscite des réactions étonnantes chez les lecteurs. Quelqu’un lui fait même parvenir un violoncelle pour Ayers.

Cette première chronique se transformera ensuite en une série d’articles et les deux hommes, dans une démarche de renouveau spirituel, forgeront une amitié.

RELATION TÉNUE

Mais la relation s’avère ténue. Peu importe ce que Lopez fait, il ne sera jamais en mesure de le sauver des ravages de sa maladie. D’ailleurs, Ayers ne se considère pas (ou n’a pas le désir d’être perçu) comme une victime à plaindre ou, pire, comme une personne exploitée.

Malheureusement, Le Soliste ne nous touche jamais tout à fait sur le plan émotif. C’est une honte quand on songe que les deux acteurs principaux livrent une grande performance.

Comme toujours, Downey est fantastique, mais c’est Foxx qui envoûte en jouant le rôle d’un homme à l’écoute de ses vibrations, euphorique et torturé, qu’il est le seul à entendre.

Lorsqu’ils sont ensemble à l’écran, c’est plus qu’électrisant... C’est dithyrambique.