Accueil Divertissement
 
 
Canoe.ca
Notre critique - L'Héritage des trappistes d'Oka
Cote de Canoë
4/5

NOTRE CRITIQUE

L'Héritage des trappistes d'Oka

vu et commenté par Martin Morin
11-04-2009 | 11h30
C'est sans mot dire que Ninon Larochelle présente les derniers moments des trappistes cisterciens à la célèbre abbaye d'Oka. Rendu beaucoup trop spacieux pour une communauté qui n’est plus que l’ombre d’elle-même, l’édifice requiert trop de dépenses inutiles et occupe une dizaine d’employés. La congrégation monastique sera donc relocalisée dans un édifice plus adapté à ses besoins… à Saint-Jean-de-Matha.

La réalisatrice propose donc un survol de l’historique des trappistes à Oka; une histoire riche, une communion constante entre les besoins spirituels et terrestres. On se rappellera que les trappistes d’Oka ont contribué à l’éclosion des études universitaires en agronomie au Québec, et que c’est la seule congrégation au monde qui a distribué des grades universitaires en ce domaine. L’Université Laval regorge d’ailleurs d’archives d’agronomie et de botanique provenant du travail des pères trappistes.

Les membres vieillissant de la communauté s’expriment ici tour à tour, y allant de quelques anecdotes sur leurs tâches respectives – fromager, mécano, blanchisseur, etc. – et sur l’apport de la congrégation à la croissance de la province. Il est ici peu fait mention de leur dévouement spirituel; on le sent par le silence qui prend dans ce documentaire une place de choix. Le silence du matin, déchiré par la cloche qui appelle les pères a la première prière du jour; le silence dans les petits gestes répétés 1000 fois dans des travaux manuels.

Il y a environ 4000 trappistes – hommes et femmes – sur la planète. Sur une planète composée de plus de six milliards d’humains, «on ne se cachera pas qu’il y a d’autres façons d’accéder à Dieu» dira l’un d’eux avec sagesse.

Nappé d’une musique qui épouse parfaitement le propos, le documentaire de Ninon Larochelle déçoit sur un seul point: sa durée. Cinquante-deux minutes, c’est très court. On peut comprendre les raisons rattachées à ce choix, mais il est bien triste de s’arracher si subitement à cet état d’esprit que l’on aimerait habiter bien plus longtemps. Un petit îlot de quiétude de nos jours, ça ne se refuse pas.