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Notre critique - Adrift in Tokyo
Cote de Canoë
4/5

NOTRE CRITIQUE

Adrift in Tokyo

vu et commenté par Martin Morin
10-04-2009 | 17h15
L’an dernier, le Festival Fantasia de Montréal a récompensé le réalisateur Tomas Alfredson à maintes reprises pour son excellent Let the Right One In (meilleur film, meilleure réalisation, meilleure photographie). La palme du meilleur scénario a toutefois été au réalisateur japonais Satoshi Miki pour Adrift in Tokyo, qui est maintenant présenté à l’AMC.

Le film relate l’histoire de Fumiya Takemura (troublé et naïf Jô Odagiri), un jeune homme criblé de dettes qui reçoit une proposition inattendue de son collecteur M. Fukuhara (Tomokazu Miura): s’il promet de suivre ce dernier dans une longue promenade à travers Tokyo, sa dette s’en trouvera effacée. Rien d’autres à faire que de traverser la ville à pieds.

En cours de promenade, la relation s’installe tranquillement. L’endetté et le créditeur recréent, au fil de leurs pas, la relation père-fils qu’ils n’ont jamais connue; l’un étant orphelin et l’autre ayant perdu son fils en bas âge. Fukuhara ne tarde d’ailleurs pas à livrer son terrible secret: à la fin de ce pèlerinage, il ira se livrer à la police pour le meurtre de son épouse…

Satoshi Miki a écrit et réalisé cette comédie – c’en est une, quelque part - avec beaucoup d’intelligence. Les personnages secondaires qui accompagnent le duo dans cette traversée servent de guides et allègent le propos. On ne rit pas aux éclats dans ce film – ce n’est pas le but.

Les éléments d’humour se veulent absurdes, et sont parfois présentés en clins d’œil, exagérant ou illustrant les propos des deux marcheurs.

Reste qu’au coeur d’Adrift in Tokyo se trouve la famille; celle que l’on cherche à tout prix, la place qu’on y occupe. Cela peut même aller jusqu’à la création d’une cellule familiale factice, totalement improvisée mais qui, l’espace d’un moment, semble bien réelle.

Un beau film doux amer à voir et à revoir avec le même plaisir.