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Un objet volant peu recommandable - The Day the Earth Stood Still (Le Jour où la Terre s'arrêta)
Cote de Canoë
2.5/5

UN OBJET VOLANT PEU RECOMMANDABLE

The Day the Earth Stood Still (Le Jour où la Terre s'arrêta)

Maxime Demers
Le Journal de Montréal
13-12-2008 | 05h00
Cinq ans après le dernier épisode de The Matrix, revoilà donc Keanu Reeves dans un nouveau film de science-fiction : The Day the Earth Stood Still, un très décevant remake d’un classique du même titre sorti en 1951.

Cette néanmoins ambitieuse réalisation de Scott Derrickson (The Exorcism of Emily Rose), riche en effets spéciaux spectaculaires, a au moins le mérite de ne pas prendre de détours et de nous amener directement dans le feu de l’action.

On apprend donc avant la quinzième minute du film qu’un objet non identifié se dirige tout droit vers Manhattan à une vitesse de 300 000 km/h. Un groupe de scientifiques (dont Helen Benson, campée par Jennifer Connelly) est aussitôt recruté et dépêché par l’armée américaine dans la Grosse Pomme afin de tenter de comprendre le phénomène.

MAIN TENDUE

Sauf que, surprise, au moment de l’impact, l’objet non identifié ralentit sa course et vient se poser gentiment au milieu de Central Park. Un être sort alors de l’objet volant (une immense boule) et tend la main vers Helen Benson. Mais un soldat s’empresse d’ouvrir le feu, blessant l’extraterrestre.

Après l’avoir transporté à l’hôpital, les scientifiques découvrent que sous son épaisse couche gélatineuse, l’être en question a le corps d’un humain (celui de Keanu Reeves) et parle même très bien l’anglais (tiens, tiens…). Il dit s’appeler Klaatu, s’annonce comme le représentant d’une grande civilisation et prétend être venu livrer un message aux dirigeants de la Terre.

Un message ? Un avertissement, plutôt. Du genre : « Si vous n’arrêtez pas de maltraiter la Terre, nous devrons prendre les grands moyens pour la sauver, c’està- dire faire disparaître à tout jamais les grands responsables de la détérioration de la planète : les humains. »

Mais bien sûr, fidèles à eux-mêmes, les dirigeants américains (menés par une secrétaire à la défense jouée par Kathy Bates) ne prendront rien de tout cela au sérieux et se montreront hostiles envers Klaatu. Seule la belle Helen écoutera Klaatu et tentera de le convaincre d’empêcher le plan de destruction de la race humaine. Rien de moins…

DÉPASSÉ

En revisitant le classique de 1951 réalisé par Robert Wise, Scott Derrickson a eu au moins la conscience d’actualiser le message de l’original. Dans le premier film, Klaatu apportait sur Terre un message de paix en pleine guerre froide. Dans le nouveau remake, le message écologique est en fait tellement actuel qu’il en est dépassé. Il y a dix ans, le «arrêtez de détruire votre planète» de Klaatu aurait certainement paru moins naïf…

Et puis les hypothèses sur lesquelles repose l’intrigue sont réellement vagues et confuses. Rien n’est vraiment expliqué, ni les origines de Klaatu ni le rapport de sa civilisation envers la planète Terre.

Écrit dans le vide sans véritable contenu à se mettre sous la dent, le scénario est donc, vous l’aurez deviné, bourré de trous et invraisemblances grotesques.

Et Keanu dans tout cela? Égal à luimême; froid, peu expressif et très moyen. Ce n’est toujours pas cette année qu’il sera nommé aux Oscars.

Mais cette fois-ci, il est loin d’être le seul à paraître endormi à l’écran. Jennifer Connelly, en général toujours très bonne, semble ici sur le pilote automatique. À l’opposé, Kathy Bates joue gros, très gros, sous les traits d’une secrétaire à la défense pas très subtile.

Restent les effets visuels, nombreux et spectaculaires. Mais mis à part les scènes d’action assez réussies, ce thriller de science-fiction laisse de glace. Pas ennuyant mais pas enlevant non plus. Vite oublié, quoi.