INTERMINABLE ET ENNUYANT
Australia
Maxime Demers
Le Journal de Montréal
29-11-2008 | 05h00
Il aura fallu attendre plus de
sept ans avant que Baz
Luhrmann, génial
réalisateur de
Moulin Rouge,
nous revienne avec
Australia, grande épopée
romanesque et historique
annoncée comme la
production la plus coûteuse
de l’histoire du cinéma
australien. Le verdict ?
Beau, mais on s’attendait à
beaucoup plus…
Australia marque donc le retour de Luhrmann
derrière la caméra (après une mise
en scène à l’opéra), mais aussi ses retrouvailles
avec son actrice de Moulin Rouge,
l’Australienne Nicole Kidman.
En fait, tout ou presque est australien
dans ce film qui porte on ne peut mieux
son titre: le réalisateur, les deux vedettes
principales (Kidman et Hugh Jackman) et,
surtout, l’histoire (campée bien sûr en
Australie, un peu avant la Seconde Guerre
mondiale).
On y suit donc une aristocrate anglaise
qui quitte son pays pour aller s’installer
dans l’immense ranch de son mari au
milieu du désert australien. Mais elle
découvre à son arrivée que celui-ci est
mort, assassiné selon toute vraisemblance.
Elle découvrira rapidement aussi que
de véreux barons anglais complotent pour
mettre la main sur ses terres.
Pour trouver l’argent qui lui permettra
de garder le ranch, elle décidera donc de
s’associer au cow-boy (Hugh Jackman) qui
l’a conduite dans son ranch afin d’aller
vendre les 2000 têtes de son bétail dans la
ville de Darwin. Mais la traversée du
désert ne sera pas de tout repos…
CLASSIQUE ET CONVENTIONNEL
Fidèle à lui-même, Baz Luhrmann nous
en met plein la vue dès le départ avec des
plans grandioses, paysages magnifiques
et images à couper le souffle. Sur le plan
visuel, donc, rien à lui reprocher. Même
si la facture d’ensemble est beaucoup
plus classique et conventionnelle (trop,
même) que les films précédents de l’Australien
(Moulin Rouge, Strictly Ballroom,
Romeo + Juliet), on cherche en
vain l’originalité, l’audace et la folie qui
caractérisaient jusqu’à maintenant son
oeuvre.
Visiblement, Luhrmann a donc voulu
faire ici une grande fresque romantique,
historique et populaire à la Titanic ou
même Gone with the Wind. Le résultat
est interminable (plus de deux heures et
demie!) et plutôt ennuyant.
HISTOIRES PARALLÈLES
La première moitié est assez divertissante,
mais le cinéaste finit par s’embourber
dans plusieurs histoires parallèles et son
dernier acte, totalement incohérent, prévisible
et invraisemblable. Certaines scènes
sont si mélodramatiques et appuyées
qu’on se croirait devant un vieux feuilleton
télévisé italien…
On se serait aussi passé de la narration,
assurée par le personnage de Nullah, un
enfant aborigène que l’aristocrate anglaise
prend sous son aile. Cela confère au
récit un ton enfantin et naïf qui finit par
devenir agaçant.
Et Nicole Kidman, dans tout cela? Elle
est superbe et très juste, comme toujours.
Mais elle se fait cette fois-ci voler la vedette
par Hugh Jackman, solide et charismatique
dans le rôle de l’aventurier courageux,
viril et romantique. Il n’a pas été
choisi comme homme le plus sexy de la
planète par le magazine People pour
rien…