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Le triomphe du Bond nouveau - Quantum of Solace
Cote de Canoë
3.5/5

LE TRIOMPHE DU BOND NOUVEAU

Quantum of Solace

Daniel Rioux
Le Journal de Montréal
15-11-2008 | 05h00
Le James Bond qu’on connaissait depuis 1962 n’existe plus. Jadis élégant, chevaleresque, séducteur et nanti de belles manières malgré tout le plomb qu’il mettait dans la tête de ses ennemis, l’agent 007 du XXIe siècle incarné par Daniel Craig est devenu vindicatif et justicier. Dans Quantum of Solace, on découvre un Bond furieux, fâché et vengeur.

Les six premières minutes donnent le ton du film et le rythme de l’action avec une course-poursuite affolante dans les rues de Sienne, en Italie, où l’agent secret le plus célèbre de la planète échappe à ses poursuivants et à une pluie de projectiles.

On se croirait, ma foi, dans un thriller de Jason Bourne!

Bond ramène une prise de taille à sa patronne, M, la directrice du MI6 interprétée par la brillante actrice britannique Judi Dench. L’interrogatoire rigoureux de leur captif, le mystérieux monsieur White (Jesper Christensen), mène Bond sur la piste de Dominic Greene (Mathieu Amalric), le chef d’une association criminelle internationale connue sous le nom de Quantum, que Bond tient responsable de la trahison et de la mort tragique de son amoureuse Vesper Lynd (Eva Green) survenue dans Casino Royale.

On comprend alors que la trame est une continuation de celle laissée en plan dans Casino Royale et que l’agent 007 veut tout simplement se venger.

Bond, qui débute dans le métier d’espion, est vite dépassé par les événements quand il se retrouve en Bolivie au coeur d’un complot politique et industriel. Or, tant les Britanniques que les Américains possèdent des intérêts dans l’industrie pétrolière et l’intervention de l’agent secret leur est nuisible, mais Bond, aveuglé par la rage, mitraille tous ceux qui s’interposent.

Il se met à dos la CIA et même son propre gouvernement. Ignorant l’ordre du MI6 de revenir à Londres, il poursuit sa traque, retrouve Dominic Greene et trouve une alliée en Camille (Olga Kurylenko).

Celle-ci a aussi la rage au coeur: le général bolivien qui a assassiné toute sa famille est un complice de Greene.

La vengeance scelle leur partenariat et la chasse reprend de plus belle, avec un nouvel enjeu: Quantum complote pour s’emparer d’une richesse naturelle vitale, ce qui hérisse encore plus l’orageux 007.

Les producteurs de la série, les mêmes depuis les débuts en 1962, complètent dans Quantum le grand ménage qu’ils avaient commencé dans Casino Royale et mettent définitivement au rancart le James Bond classique.

Il va falloir s’habituer à ce James Bond moderne. Out le smoking, les martinis, la Bond girl séduite au lit, les gadgets et les politesses. In l’action brutale et un rythme d’enfer, le gaminet écorché, le muscle et l’esprit rebelle d’un Bond nouveau qui prend son rôle au sérieux et défie quiconque de lui marcher sur les pieds.

Pour résumer: on ne s’ennuie pas!