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Modestie et simplicité - Adam's Wall
Cote de Canoë
3/5

MODESTIE ET SIMPLICITÉ

Adam's Wall

par Daniel Rioux
Le Journal de Montréal
18-10-2008 | 04h00
Tourné au plus fort de la controverse sur les accommodements raisonnables avec Montréal en toile de fond, le drame sentimental Adam’s Wall fait une brèche dans le mur d’intolérance séparant les communautés juive et arabe dans le quartier multiethnique du Mile End.

Réalisé par Michael Mackenzie, un dramaturge, auteur et metteur en scène souventes fois associé à l’oeuvre de Robert Lepage, le film raconte la croisade pour l’amour, la paix et la tolérance qu’entreprennent deux jeunes qui se rencontrent au hasard d’une manifestation étudiante.

Adam (Jesse Aaron Dwyre) et Yasmine (Flavia Bechara) n’ont rien en commun, sauf leur jeunesse et leur amour naissant. Le grand ado juif est un orphelin élevé depuis une dizaine d’années par son grand-père Levy (Gabriel Gascon), un austère rabbin orthodoxe et asocial en tout ce qui touche le monde extérieur à sa communauté.

Yasmine est une jeune Libanaise qui a fui Beyrouth et les combats entre le Hamas et Israël et a suivi à Montréal son père, Najeeb (Paul Ahmarani), qui y a ouvert une galerie d’art.

Le conflit entre Adam et son grand-père éclate dès que Yasmine entre dans le paysage. L’écume à la bouche, le rabbin insulte la jeune femme et l’évince de sa maison, ce qui lui vaut une cinglante réplique. «Nazi!» lui crie-t-elle.

Le rabbin avale son bagel de travers, mais entame à son corps défendant une réflexion qui annonce la conclusion de l’intrigue: l’amour sortira vainqueur.

Ce film qui s’ouvre sur divers horizons montréalais ne révolutionnera pas le cinéma, mais sa trame attachante ainsi que le jeu des acteurs – Gabriel Gascon y est sublime – enrobent bien ce beau petit film réalisé avec modestie et simplicité.