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Un must pour les fans de Nirvana - Kurt Cobain, about a son
Cote de Canoë
3.5/5

UN MUST POUR LES FANS DE NIRVANA

Kurt Cobain, about a son

par Maxime Demers
Journal de Montréal
04-02-2008 | 10h49
Quatorze ans après sa mort tragique, Kurt Cobain reprend la parole dans Kurt Cobain, About A Son, un beau et fascinant documentaire construit à partir d’entrevues qu’il a accordées quelques mois avant qu’il ne s’enlève la vie, le 5 avril 1994.

D’abord, un avertissement: on ne va pas voir Kurt Cobain, About A Son pour réentendre les classiques de Nirvana, ni encore pour assister aux frasques du légendaire trio grunge en arrière et sur la scène. Ce documentaire poétique et contemplatif est tout le contraire d’une musicographie typique.

Le réalisateur AJ Schnack a préféré nous amener dans la tête du leader de Nirvana, en le laissant lui-même raconter ses tourments, ses angoisses et ses craintes.

Ainsi, c’est Cobain lui-même qui agit à titre de narrateur du film. Schnack a tiré ces révélations d’entretiens inédits qu’a accordés le chanteur au journaliste du magazine Rolling Stone, Michael Azerrad, en 1992 et 1993 – et qui ont servi pour l’écriture de son livre Coming As You Are, The Story of Nirvana, paru en 1993. Avec Azerrad, Cobain qui avait pourtant l’habitude de se montrer évasif et blasé avec les médias, s’est ouvert comme il ne l’a jamais fait.

Dans les extraits retenus par Schnack pour son film, le rocker mythique se revient sur des événements qui ont fait de lui un être si torturé et fragile, comme le divorce de ses parents, son adolescence difficile, son mal de vivre (il avait constamment mal au ventre), sa dépendance à l’héroïne et, bien sûr, son incapacité de composer avec le succès et la gloire. Pour accompagner ces témoignages de Cobain, Schnack a opté pour des images impressionnistes plutôt que des documents d’archives du groupe.

Sur fond de voix off du chanteur, le film présente donc des images poétiques et hypnotiques des villes où Cobain a évolué (à Aberdeen où il est né, et à Seattle où il a passé les dernières années de sa vie). Des images sombres, tristes, désolées, qui semblent sorties directement des paroles des chansons de Nirvana et de la tête de Cobain. Comme si Schnack avait compris exactement comment Cobain se sentait peu de temps avant sa mort. Un tour de force.