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Du grand Coppola! - Youth Without Youth (L'homme sans âge)
Cote de Canoë
3.5/5

DU GRAND COPPOLA!

Youth Without Youth (L'homme sans âge)

par Bruno Lapointe
Journal de Montréal
19-01-2008 | 05h00
Fidèle à sa réputation de cinéaste iconoclaste, Francis Ford Coppola livre, avec L’Homme sans âge, un film d’une grande finesse. Malgré quelques petits détours malhabiles du scénario, ce long métrage s’inscrit parfaitement au rang des grandes oeuvres.

Il aura fallu attendre un peu plus de 10 ans pour revoir un film signé Francis Ford Coppola.Après avoir réalisé The Rainmaker en 1997, cette légende du cinéma hollywoodien a préféré mettre son chapeau de producteur pour seconder des projets de parents et d’amis, entre autres The Good Shepherd, de Robert De Niro, et Marie Antoinette, de sa propre fille, Sofia Coppola.

Avec L’Homme sans âge, force est de constater que Francis Ford Coppola n’a pas perdu la main.

Dans ce film, Tim Roth incarne un homme qui, après avoir été happé de plein fouet par la foudre, se met à rajeunir miraculeusement. Non seulement est-il visiblement plus en forme, mais ses capacités mentales sont plus que décuplées. Cette nouvelle condition lui permet de reprendre ses recherches sur l’oeuvre qu’il a toujours rêvé d’accomplir: une thèse sur les origines de la langue.

Cette tâche sera toutefois compliquée par le soudain intérêt que lui prêtent des espions de toute nationalité. Des nazis aux soldats américains, tous veulent en savoir plus sur ce miracle inexplicable.

La reconstitution historique de l’univers des années 1930 aux années 1960 est quasiment irréprochable. C’est bien volontiers que les cinéphiles se laisseront entraîner dans ce tourbillon qui se déploie sur fond de guerre mondiale.

Les maquillages sont également impressionnants, certains personnages, transportés dans plusieurs décennies, subissant des transformations extrêmes.

C’est toutefois lorsque le scénario bifurque que l’intérêt s’essouffle. On explore les origines du langage à travers des scènes qui semblent parfois empruntées à L’Exorciste, sans que tout cela ne colle avec le reste du film. On se serait parmoments passé de ce cours de linguistique,mais on finit par s’y habituer.

Heureusement, Tim Roth est là pour retenir l’intérêt. Cet acteur britannique est encore une fois exceptionnel, livrant une prestation magistrale. Comme il porte lui-même le film à bout de bras, son talent est intimement lié à la réussite de L’Homme sans âge. Loin de décevoir, il rehausse d’un cran la qualité du long métrage.

Il est secondé par Bruno Ganz et Alexandra Maria Lara, tous deux irréprochables. On prend plaisir à apprendre à connaître ou encore à redécouvrir le talent de ces deux visages méconnus pour certains cinéphiles.

Bien que plutôt long, avec un peu plus de deux heures, L’Homme sans âge témoigne du talent incontestable de Francis Ford Coppola. Un film tout en subtilité qui fait honneur à la réputation de ce virtuose de la caméra. La bonne nouvelle est qu’il ne faudra pas attendre une autre décennie avant de revoir ce cinéaste à l’oeuvre. Son prochain projet, Tetro, est prévu pour 2009.