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Ça ne décolle pas - Martian Child
Cote de Canoë
2.5/5

ÇA NE DÉCOLLE PAS

Martian Child

Daniel Rioux
Le Journal de Montréal
05-11-2007 | 12h16
Désireux d'aller encore plus loin au-delà du réel pour apaiser la douleur de son récent veuvage, un auteur de science-fiction à succès trouve chaussure à son pied quand il adopte un garçonnet au comportement étrange qui croit dur comme fer être un Martien en mission sur notre planète.

Capable des plus audacieux élans de l'imaginaire, le créatif romancier David Gordon (John Cusack) devient victime du syndrome de la page blanche après la mort de son épouse. Cette panne d'inspiration survient à un bien mauvais moment pour le romancier, dont l'agent et sa maison d'édition attendent son prochain manuscrit.

Ça attendra. L'homme pense juste à recréer une cellule familiale et se sent attiré par un orphelin de sept ans qu'il n'a jamais vu. Parce que Dennis (Bobby Coleman), réfractaire au soleil et à la lumière du jour, passe ses journées caché dans une grosse boîte de carton. Il dit venir de Mars, mais il cherche désespérément un père sur Terre.

Orbite

Et ça tarde à venir parce que l'enfant n'évolue vraiment pas, mais là pas du tout, sur la même orbite que celle de possibles parents adoptifs.

Quand David le persuade de quitter son refuge cartonné, on voit bien que Dennis a l'air de venir d'ailleurs.

Il affiche cette tête évoquant étrangement celle d'un jeune Andy Warhol, un goût immodéré pour les céréales Lucky Charms et a cette nouvelle habitude de se suspendre la tête en bas.

N'importe où, même à l'école, d'où il sera vite renvoyé. Il est en mission ici et, venu pour apprendre, il se sent libre de voler des choses hétéroclites. Pour comprendre les Terriens. Et saisir leur vie en prenant des photos avec son Polaroid, des centaines de clichés.

Vie écourtée

Malgré le jeu plutôt recherché de John Cusack et celui assez surprenant de Bobby Coleman pour un jeune de huit ans, Martian Child n'a pas l'étincelle voulue qui ferait décoller cette histoire d'amour père-fils. Inutile de se procurer un télescope pour voir venir l'intrigue.

Mais ce qui retiendra surtout cette aventure au sol et écourtera sa vie, c'est la distribution du film uniquement en anglais.

À moins d'être surdoués et bilingues, les jeunes francophones de moins de 12 ans risquent fort d'être dans la lune.