Accueil Divertissement
 
 
Canoe.ca
Notre critique - The District!
Cote de Canoë
4/5

NOTRE CRITIQUE

The District!

Vu et commenté par Martin Morin
28-10-2007 | 02h00
Comment décrire convenablement cet excellent film d’animation? En termes qui nous sont familiers: prenez l’irrévérence de South Park, additionnée d’un visuel qui rappellera aux habitués de Teletoon la série Angela Anaconda, touillez rapidement, incorporez des éléments de gangs de rue et l’ostracisme qui vient avec. Faites revenir le tout dans l’univers hongrois de 2004 et toc!, vous êtes à mi-chemin d’avoir une bonne idée de ce qu’est The District, premier long-métrage d’Aron Gauder.

Le synopsis interpelle déjà l’imagination. Un groupe de jeune paumés hongrois tente de trouver une façon d’élever rapidement leur qualité de vie. Ce qui mène le monde – air connu – est l’argent. Comment le trouver? Facile. Il suffit de remonter dans le temps, creuser un large trou, y fossoyer nombre de mammouths qui, des millénaires plus tard, se transformeront en or noir : du pétrole. Pied de nez aux conglomérats pétroliers, Budapest est maintenant énergiquement indépendante et le groupe responsable de l’affaire s’en trouve ragaillardi.

Simple, n’est-ce pas?

Évidemment que non, rien n’étant simple dans ce bas monde. Ces nouveaux riches rééquilibrent les forces dans leur quartier (car tout le monde a un prix), soit, mais ce faisant déstabilisent l’équilibre mondial, l'ONU doit s'en mêler et... Ah oui, j'oubliais le chien particulièrement vorace et les «combats verbaux» avec comme trame sonore du hip hop... hongrois, bien sûr!

Le film de Gauder aurait pu naviguer tête haute sur un scénario moyen tant la qualité d’animation est ahurissante. Mais il n’en est rien. Le réalisateur propose un regard mordant et franchement original sur un pan de la société hongroise qu’il nous fait découvrir; la recherche d’identité, les heurts des classes sociales, les relations avec l’autorité (les dialogues avec la police locale en sont un exemple flagrant). Et par moment, on se croirait en plein «drame musical». Un peu trop iconoclaste, direz-vous? Du tout, ça fonctionne au quart de tour.

Et l’univers politique n’y échappe (évidemment) pas. Bush, Oussama Ben Laden (!), Vladimir Poutine et feu-Jean-Paul II, pour ne nommer que ceux-là, y tiennent des rôles déterminants. Et c’est sans parler des officiels du gouvernement hongrois, qui n’ont pas la part belle dans l’histoire…

Film pour adultes consentants – vous aurez compris qu'on n'y discute pas pâquerettes et changements de saison – The District est un véritable coup de coeur. De quoi brûler vos copies de Shrek.