SUPERHÉROS RIDICULE
Underdog
Bruno Lapointe
Le Journal de Montréal
07-08-2007 | 13h04
Avec son héros velu, quadrupède et qui parle en vers,
Underdog repousse visiblement les limites du ridicule. Parfois parodique, souvent ennuyant, le film risque tout de même de faire sourire les enfants. Les autres trouveront que ce dernier opus des studios Disney manque véritablement de viande autour de l'os.
Il y a plus de 40 ans, Underdog était un dessin animé. Peu de gens des générations suivantes en ont entendu parler, et la raison en est bien simple: le concept emprunté à Lassie selon lequel un chien sauve le monde était bien peu prometteur.
On nous le ressort cette semaine en version actualisée, mais avec des lacunes bien évidentes.
À la suite d'expériences scientifiques clandestines, un beagle se retrouve doté des habiletés de parole et de plusieurs pouvoirs. De cabot bien ordinaire, il devient Underdog, le nouveau justicier qui arpente les rues et les cieux de la ville afin de donner un coup de pouce (ou de patte) aux autorités policières.
À petits périls grand ennui
Toutefois, Underdog ne se retrouve que dans des situations bien peu périlleuses jusqu'à la finale, bien évidente, où son expertise sera nécessaire pour sauver la ville entière d'une catastrophe terrible... mais encore une fois à petite échelle.
Underdog cuvée 2007 ressemble bien plus à un assemblage de scènes d'émissions de télévision qu'à un véritable long métrage.
Les aventures d'un Superman avec un collier à puces n'ont que très peu de potentiel sur grand écran. Le résultat ressemble bien souvent à une parodie, d'abord des films de superhéros, puis des films pour enfants.
Avec une distribution bien peu emballante constituée d'inconnus, puis de James Belushi, rien ne semble jouer en faveur d'Underdog. La carrière de l'acteur semble avoir amorcé une descente il y a quelque temps, et ce n'est pas ce film qui va lui offrir une chance de retourner dans les bonnes grâces des bonzes de l'industrie. Humour grossier et puéril.
Après le justicier aveugle Daredevil, Underdog entre en lice pour le titre du superhéros le plus ridicule de toute l'histoire. En période quasi apocalyptique, un cabot volant n'a rien de bien rassurant. Eh! bien, sur grand écran, le résultat n'a rien de bien excitant non plus.
Avec ses blagues faciles, grossières et puériles, seuls certains enfants en bas âge y trouveront leur compte.
À une ère où les films pour enfants rehaussent continuellement les standards de qualité, tant en matière d'animation que de scénarios, Underdog ne parvient même pas à atteindre les attentes les moins élevées.