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Notre critique - Harry Potter et l'Ordre du Phénix
Cote de Canoë
4/5

NOTRE CRITIQUE

Harry Potter et l'Ordre du Phénix

vu et commenté par Martin Morin
11-07-2007 | 10h17
Et voici que pour une cinquième fois, la machine Potter se remet en branle, entraînant avec elle tout le bataclan médiatique nécessaire. À l’image du succès en librairie de la série qu’il-est-inutile-de-nommer, la franchise cinématographique relatant la jeunesse du plus célèbre sorcier de ce côté-ci de Poudlard accumule les succès à chaque nouvelle sortie.

Une nouvelle greffe donc, à ce Frankenstein qui en verra d’autres (sept films étant prévus). Mais la bête a eu plusieurs maîtres. Chris Columbus (Home Alone, Mrs Doubtfire) a eu la délicate tâche d’amorcer la série avec les deux premiers films. Le réalisateur Alfonso Cuarón (Y tu mamá también, Children of Men) marqua un virage vers un style plus noir et dramatique pour le 3e film, Le prisonnier d’Azkaban.

C’est à Mike Newell (Mona Lisa Smile) que revint la tâche d’illustrer un des meilleurs bouquins de la série, The Goblet of Fire; film moins sombre que le prédécesseur, plus propret et misant sur des mises en scènes grandioses pour illustrer le tournoi des sorciers. La table est mise pour le retour de Voldemort.

Un cinquième film; un quatrième réalisateur: David Yates, un transfuge de la télé, avait la lourde tâche de mettre en images un copieux roman (896 pages dans sa version originale). Ce sera d’ailleurs lui qui sera à la barre du prochain, Harry Potter and the Half-Blood Prince, prévu pour novembre 2008.

Et nous revoici donc devant un film beaucoup plus noir, moins tape-l’œil que les précédents. Certes, certaines batailles sont très intéressantes visuellement et la qualité générale du produit n’est plus à qualifier. Ce qui ressort vraiment du film est l’intensité dans laquelle toutes les scènes sont filmées et jouées. Pendant les quelques 140 minutes, Harry et sa suite combattent non pas des êtres maléfiques – ou si peu – mais bien eux-mêmes. Entre en scène une certaine «politicaillerie» dans la vie jusqu’alors simple des étudiants de Poudlard. Les plus jeunes enfants ne retrouveront pas dans ce dernier Potter la joie de vivre et les plaisirs coquins de l’apprentissage de la sorcellerie, que nenni. Soyez-en conscients si vous décidez d’amener la ribambelle dans une salle.

Des personnages torturés, une réalisation froide mais très efficace

Le tournage du film n’a pas dû être une panacée pour les jeunes acteurs, particulièrement Daniel Radcliffe (qui raffine de plus en plus son jeu en vieillissant). Lui qui doit donner à son personnage des éléments de colère qu’il doit maintenir tout au long du film, il ne tombe pas dans la facilité et colore son jeu au gré des situations.

Lorsque Potter revient à Poudlard, sa parole est mise en doute. Voldemort revenu? Personne ne le croit, et surtout pas au Ministère de la magie. Et qu’en est-il de Dumbledore? Fuyant tout contact avec Harry, ce dernier se questionne sur les alliés qui lui restent.

David Yates ne fait pas ici dans la dentelle et les longues explications. Le réalisateur en vient rapidement au fait et coupe parfois les coins ronds, ce qui donne au film un rythme parfois spartiate. Il faut suivre, il faut connaître les personnages et il faut bien se rappeler certains éléments clés du 4e film – ou livre c’est selon.

Toute l’énergie est déployée pour amener le film du point A au point B, en préparation du 6e. Ceux qui – comme moi – ont apprécié les romans et se sont laissés prendre par les films sans retenue aucune apprécieront sans doute beaucoup cette dernière tranche. Ceux qui ne connaissent pas l’univers des films auraient avantage à commencer ailleurs, et ceux qui ne sont pas fans ne le deviendront pas. Les autres y trouveront du plaisir.

Plus que deux…