NOTRE CRITIQUETriad Election- Vu et commenté par Antoine Godin 15-06-2007 | 08h11
Comme à tous les deux ans, la triade Wo Sing doit réélire son chef. Lam Lok, le président sortant, s’accroche au pouvoir et veut briser la tradition en se présentant pour un deuxième mandat. Lorsque l’ancien – celui-là même qui l’avait appuyé lors de l’élection précédente - lui conseille d’apprendre à s’incliner, que le reste ne signifie que mort et chaos, Lam Lok choisit la voie de la terreur en le précipitant dans les escaliers. Commence alors une série d’actes ultra-violents – plus que dans le premier film encore -entre les clans appuyant Lok et les autres appuyant le jeune et riche homme d’affaires Jimmy Lee. Election 2 donne entièrement raison à cette règle biblique : «si quelqu'un verse le sang de l'homme, ce sang lui retombera sur la tête». Rien ne change sous le soleil. Jimmy est le personnage clé de la série Election. Il représente en quelque sorte le nouveau Hong Kong. Jimmy se voit refuser par les autorités chinoises le droit de faire des affaires avec la Chine à moins de devenir président de la triade. Triad Election
Tout est dans la scène finale : une fois parvenu à ses fins, le Chinois en autorité explique à Jimmy qu’il respecte la démocratie, MAIS qu’il veut que ce dernier devienne le chef absolu de la triade et rende le pouvoir héréditaire pour empêcher tout désordre. Le nouveau parrain s’insurge alors violemment contre cette demande, en même temps que point le désespoir de la résignation. Les deux films deviennent alors manifestement une critique des conditions établies par Pékin à l’endroit de Hong Kong. Pour Johnny To, la démocratie fait plus souvent qu’autrement bon ménage avec la corruption, mais elle vaut mieux que la dictature d’un régime qui assoit son autorité sur la terreur. Si les Chinois ont le tort de vivre la dictature, les Cantonais ont celui de ne pas avoir su défendre la démocratie. |