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Abondance de clichés - Civic Duty
Cote de Canoë
2.5/5

ABONDANCE DE CLICHÉS

Civic Duty

par Bruno Lapointe
Journal de Montréal
06-05-2007 | 14h34
Les événements du 11 septembre 2001 ont changé à jamais le peuple américain. Ses relations avec les cultures étrangères sont désormais empreintes d’une nouvelle méfiance. C’est à cette facette de la culture américaine que s’attaque Civic Duty. Par contre, plutôt que de dénoncer cette attitude malsaine, on y encourage les préjugés à l’aide d’une abondance de clichés. Dommage…

À la suite de sa récente mise à pied, un comptable se retrouve seul à la maison avec de la difficulté à occuper ses nombreux temps libres.Mais lorsqu’un nouveau locataire islamique emménage dans un appartement voisin au sien, il développe une obsession maladive à l’observer à chaque heure du jour et de la nuit. Flairant un complot terroriste, il semettra les autorités ainsi que sa femme à dos en essayant de prouver que le nouveau venu représente un réel danger pour le peuple américain.

Mais a-t-il raison ou est-il en train de craquer sous l’influence des médias? Dans certains films, l’utilisation de procédés cinématographiques tels que les images floues et les gros plans répétitifs parviennent à créer une esthétique intéressante. Cependant, dans le cas de Civic Duty, l’utilisation abusive de ces deux techniques devient bien vite agaçante pour le cinéphile, dont l’intérêt diminue rapidement.

Sauvé par son générique

Pourtant, dès les premières scènes, l’intérêt est maintenu par un scénario teinté d’actualité et des performances dans le ton de la part de tous les interprètes. Voilà la preuve qu’un film n’a pas nécessairement besoin d’un générique truffé de gros noms pour offrir un jeu d’acteurs remarquable.

Peter Krause fait montre d’un réel talent lorsqu’il tente à samanière de démasquer un terroriste qui n’en est peut-être pas un. C’est d’ailleurs sur les épaules de l’acteur que repose tout le film. Le choix des acteurs était donc crucial afin de permettre aux cinéphiles de croire au récit.

Mais même les meilleurs interprètes du septième art ne peuvent sauver un scénario qui bat de l’aile. Bien que le tout tienne la route pendant la première demie du film, on assiste à un dérapage impressionnant lorsque le dénouement approche. Les clichés s’accumulent à vive allure, alors que le spectateur, dérouté, ne peut s’empêcher de se demander où tout cela va le mener.Une fois le film terminé, tout ce qu’on peut se dire est qu’il est bien dommage qu’une si bonne idée ait été gâchée par un si mauvais traitement.

En effet, le film aurait pu dénoncer les préjugés raciaux que les médias américains nourrissent depuis les attentats terroristes de 2001.Mais non, on se contente de les exploiter jusqu’à la limite de la démesure. Peut-être est ce en les exagérant au possible que les gens en remarqueront le ridicule. Quoi qu’il en soit, une approche plus réaliste et moins biaisée aurait permis une dénonciation bien nécessaire de l’attitude raciste de beaucoup de personnes face aux ethnies.