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Téléréalité extrême - Condamnés
Cote de Canoë
2/5

TÉLÉRÉALITÉ EXTRÊME

Condamnés

Paul Villeneuve
Le Journal de Montréal
30-04-2007 | 14h16
L’un des maîtres de la «violence de divertissement télévisuelle »a étendu son champ d’expertise au cinéma. Grand patron de la lucrative WWE (World Wrestling Entertainment), Vince McMahon a fondé, il y a quelques années, la WWE Films, qui a produit Condamnés.

Tout comme dans les deux films précédents de WWE Films, la vedette de Condamnés, Steve Austin, est aussi un lutteur, ex-superstar de la WWE, qui a fait ses débuts au cinéma dans The Longest Yard (2005). Ce thriller d’action met aussi en vedette Vinnie Jones, la star britannique de soccer qui fait pour sa part carrière au cinéma depuis plus de dix ans et que l’on a notamment vu dans le film Snatch (2000), de Guy Ritchie, aux côtés de Brad Pitt.

Plein la vue

Dans Condamnés, Goldman (Rick Hoffman), un producteur de télévision multimillionnaire et sans scrupule, décide un jour de profiter du voyeurisme des gens pour s’enrichir encore davantage. Son plan est simple (!). Sur Internet, il présentera une émission de genre téléréalité que l’on pourrait comparer à The Survivor, mais dans une version meurtrière.

Goldman «achète» donc, dans divers pays, dix prisonniers (dont deux femmes) qui ont été condamnés à mort pour viols, torture, meurtre et autres variations de ces crimes et qui sont aussi des durs à cuire. On devine déjà que la vraisemblance n’est pas le fort du coscénariste et réalisateur Scott Wiper. Mais bon, c’est juste une «vue» d’action et on veut justement en mettre plein la vue!

Goldman promet donc aux dix condamnés, dont l’Américain Conrad (Steve Austin) et le Britannique McStarley (Vinnie Jones), que le survivant des combats à finir qu’ils auront à se livrer sera libéré et qu’on lui remettra une généreuse bourse. Les condamnés, qui n’ont rien à perdre, sont donc largués d’hélicoptères, sans parachute (on l’a dit, ce sont des durs), à différents endroits le long d’une plage d’une île du Pacifique. Des centaines de caméras les épient, filment leurs combats sans merci et les retransmettent aux millions d’internautes de partout dans le monde qui ont déboursé la modique somme de 49,95$ pour voir des gens se battre et se tuer en direct.

Le propos social

Parmi ces prisonniers, il y a bien sûr un bon qui ne tue que pour la bonne cause et qui échappera une multitude de fois à la mort pour que justice soit enfin faite. Vive Conrad! Condamnés n’est évidemment pas le premier film à présenter des scènes d’extrême violence, mais celui-ci ne raconte vraiment pas d’histoire. La violence y est tout à fait gratuite.

Pour se donner bonne conscience, les producteurs y ont glissé une scène qui, croient-ils, donne un propos social à leur film. On voit alors une journaliste consternée, qui a interviewé Goldman, dénoncer ce genre de voyeurisme.

Et la violence du film Condamnés, même si personne n’y meurt pour vrai, n’encourage-t'elle pas une certaine forme de voyeurisme, somme toute très lucratif?